- il y a 3 semaines
Ce vendredi 12 décembre, l'industrie française en péril et la place de l’Europe concernant l’auto électrique, ont été abordés par Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de "Trump et nous : comment sauver la France et l'Europe", Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d'audit BDO France, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Anne-Sophie Hadsiv.
00:05Bonjour Anne-Sophie, chef économiste du cabinet d'audit BDO France et professeur à Paris 1 Panthéon Sorbonne.
00:12Christian Saint-Etienne, bonjour Christian.
00:14Bonjour.
00:15Économiste et auteur de Trump et nous, comment sauver la France et l'Europe ?
00:19Je pense qu'on va beaucoup en parler ce matin.
00:22Et Ludovic de Sauté, bonjour Ludovic.
00:24Bonjour Raphaël.
00:24Directeur délégué de la rédaction de la Tribune.
00:28Le premier sujet, c'est évidemment la faillite retentissante de Brandt, dernier fabricant d'électro-ménagers en France.
00:37Ça sonne comme un symbole, évidemment.
00:39Est-ce qu'il fallait laisser mourir Brandt, Christian Saint-Etienne ?
00:43C'est une question qui est plus compliquée qu'il n'y paraît parce qu'effectivement, l'entreprise était devenue marginale dans son marché.
00:52Néanmoins a joué un rôle très important dans l'Orléanais.
00:59700 emplois.
01:00À Orléans et dans toute la région centre, il y a un émoi parfaitement compréhensible.
01:07Il y a deux questions.
01:09La première, c'est est-ce que l'actionnaire a joué son rôle ?
01:11Paradoxalement, d'après notamment les éléments du jugement du tribunal qui a prononcé la faillite,
01:19l'actionnaire aurait apporté plus de 400 millions d'euros.
01:22420 millions.
01:22420 millions dans les dernières années.
01:24Donc, pour une fois, on ne peut pas dire que l'actionnaire n'a pas fait son travail.
01:29Mais il y avait vraisemblablement un problème de taille critique.
01:35Donc, les erreurs qui amènent à la faillite d'aujourd'hui,
01:39elles ont vraisemblablement été mises en œuvre il y a 20 ans, 10 ans, 5 ans.
01:47Ça fait des années que Brandt était en perte.
01:49Voilà. Et donc, la question, c'est est-ce que des débris de Brandt,
01:55on peut faire renaître quelque chose qui serait compétitif ?
01:59Parce que la marque est forte.
02:00La marque est forte, effectivement.
02:01C'est très connu.
02:02Anne-Sophie, même question. Est-ce qu'il fallait laisser fermer Brandt ?
02:05Il n'y avait pas de repreneur. Il faut reprendre un peu les données du dossier.
02:10Quand on voit l'historique, mais moi, c'est vrai que je suis une économiste de la prospective.
02:14Et ce que je trouve absolument catastrophique, c'est qu'on savait depuis 20 ans,
02:18notamment depuis que la Chine est rentrée à l'Organisation mondiale du commerce,
02:21qu'on allait avoir, surtout sur ce type de secteur non stratégique, très concurrentiel,
02:26où le coût de la main-d'œuvre et le lieu de fabrication jouent énormément,
02:29qu'on allait avoir une compétition excessivement importante.
02:32Et donc, pour moi, aujourd'hui, bien évidemment, tout le monde s'émeut, etc., des conséquences.
02:36Mais ça montre encore le fait de ne pas avoir de plan à long terme industriel.
02:40Alors, bien évidemment, on ne peut pas prévoir, et ce n'est pas seulement cette entreprise-là,
02:45mais qu'à chaque fois, on découvre les choses en disant et en s'étonnant,
02:48alors qu'on est dans une situation de concurrence très, très, très agressive depuis plus de 20 ans.
02:53Et que s'il n'y a pas une vision un petit peu stratégique,
02:55veut dire, voilà, est-ce que dans 20 ans, en France, on veut conserver des leaders dans tel ou tel secteur ?
03:00Après, ça se fait, ça ne fait pas, bien évidemment, les aspects marchés.
03:04Eh bien, c'est très, très compliqué.
03:05Et on voit que les autres pays ont beaucoup plus cette vision, l'Italie, l'Allemagne, pour ne pas les citer.
03:09Et nous, on n'a absolument aucune vision industrielle à long terme.
03:12Donc, c'est ça, le sujet de fond.
03:14Alors, bien évidemment, il y a des aspects d'actionnariat, des aspects qui sont propres à la boîte.
03:17Et vous l'avez très bien dit, c'était une entreprise qui était très innovante sur la plaque à induction.
03:21Et peut-être que les investissements ont été mal ciblés, mal centrés.
03:25Mais vous l'avez dit, vous avez d'autres entreprises qui, dans ce secteur, résistent, notamment aussi en Allemagne.
03:29Donc, c'était tout à fait possible.
03:30Mais il n'y a absolument aucune vision à long terme.
03:32Et surtout, là où je voudrais vraiment reboucler, parce que c'est vrai que souvent, on dit ces deux choses de côté,
03:38c'est ce qui se passe là, un lien direct avec le pouvoir d'achat.
03:41Qu'est-ce qui se passe pour ces 750 personnes ?
03:44Nous, on a travaillé sur ces aspects-là.
03:46Dès que vous avez un emploi industriel qui est détruit, c'est trois emplois d'allées-services.
03:49Vous voyez la région, ça veut dire que vous allez avoir une région sinistrée économiquement,
03:54avec non pas une personne qui va se retrouver sans emploi, mais avec toute une famille.
03:58Avec, en effet, peu de mobilité en raison des problèmes de l'immobilier.
04:01Et avec des difficultés, parce que quand vous êtes dans l'industrie, vous avez un savoir technique très fort,
04:06mais c'est plus difficile de retourner dans d'autres secteurs.
04:09C'est souvent dans les services où vous avez moins de gains de productivité,
04:11et donc des salaires qui sont plus faibles.
04:13Donc, c'est ça, la tragédie.
04:15C'est vraiment là-dessus que je voudrais interpeller,
04:17parce qu'on entend beaucoup le pouvoir d'achat, le pouvoir d'achat longueur de journée,
04:20et on laisse faire ce genre de choses.
04:21Ça, c'est de la destruction nette de pouvoir d'achat,
04:24le fait de ne pas avoir de vision et de politique industrielle à moyen et à long terme.
04:27– Mais qui sont les responsables, Anne-Sophie ?
04:28Parce qu'on a vu tous les politiques, Bercy afficher sa tristesse,
04:33le maire d'Orléans, Serge Groir, vitupéré devant les caméras,
04:40en disant « j'en ai marre de ce pays de cons ».
04:42– Oui, oui, bon, ça c'est des choses…
04:43– Très violent, mais c'est les mêmes politiques.
04:45– Les responsables, c'est la volonté, bien évidemment, politique,
04:48mais on va dire, voilà, moi je pense de tous les responsables,
04:51d'avoir détruit des politiques de planification depuis 20 ans.
04:55C'est ça le sujet.
04:55Vous avez des commissariats au plan qui existent au Maroc,
04:58maintenant le Royaume-Uni les refait,
04:59vous avez plein de pays qui reviennent sur une politique planifiée industrielle
05:03à moyen et long terme, même les États-Unis sur les secteurs stratégiques.
05:05En France, il n'y a rien.
05:07Il faut aujourd'hui un commissariat au plan qui soit à partie.
05:10– Il existe, mais Anne-Sophie, ce commissariat au plan…
05:13– Et qu'il soit sur la planification industrielle,
05:16sur le moyen et à long terme, et qu'il soit à politique, à politique.
05:19– Je voulais simplement rappeler qu'en 2001,
05:23on a laissé entrer la Chine à l'OMC, on ne va pas revenir dessus,
05:28c'était étrangement lié à ce qui s'est passé le 11 septembre,
05:33puisque les Américains s'opposaient à l'entrée de la Chine
05:36depuis 15 ans avant 2001,
05:38mais ils se sont fait prendre par les discours de la Chine à ce moment-là.
05:42Mais la Chine, c'est le point clé,
05:44est entrée sans signer deux protocoles décisifs.
05:47Le premier, c'est l'ouverture de ces marchés publics,
05:50et le deuxième, c'est l'interdiction des subventions.
05:53Or, la Chine…
05:55Il faut savoir que la Chine est dirigée par les ingénieurs,
05:57depuis le renouveau lancé par Deng Xiaoping.
06:01Et donc, les Chinois, eux, ils planifient, mais ils ne font que ça.
06:05Ils planifient comme des ingénieurs à moyen terme.
06:08– Et à 50 ans.
06:08– Par exemple, ils ont fait 60 à 70 000 kilomètres de voies de grande vitesse
06:15en quelques années.
06:16Donc, alors évidemment, ils le font avec ce qu'on pourrait appeler
06:20une violence environnementale.
06:22Ils tracent une ligne et puis ils ne s'intéressent pas à ce qu'il y a dessus.
06:25Nous, on va s'intéresser à tous les hannetons
06:27et tous les escargots qui sont sur la ligne.
06:29Mais néanmoins, sur l'industrie, on est d'accord sur le fait
06:35qu'on a un commissariat au plan, mais ce n'est pas le bon nom
06:39qu'il devrait avoir.
06:41C'est en fait un commissariat à l'évaluation des politiques.
06:44Mais une planification stratégique, on l'a eue de 45 à 75.
06:49C'est d'ailleurs sous Mitterrand qu'on a abandonné l'idée de plan.
06:52Et il faudrait relancer une idée, enfin, un organe de planification stratégique
07:00dans lequel on ferait travailler à la fois les industriels, les logisticiens
07:04et un certain nombre de représentants de la puissance publique
07:09parce qu'on aura besoin de l'appui des collectivités locales,
07:12on aura besoin de l'appui des régions, des départements.
07:15Mais on peut faire ça relativement facilement.
07:17Et pour terminer, on va dire, mais on n'a pas d'argent,
07:20il y a 600 milliards sur le livret A et le LDD.
07:24Il y a un moment, peut-être on pourrait dire,
07:26on en met 100 milliards sur le redémarrage de notre industrie.
07:30Sinon, les incidents comme Brandt vont se multiplier.
07:33Juste pour finir, très bien de réagir là-dessus,
07:36puisque ça existait, ça s'appelle le Bureau d'information
07:38et des prévisions économiques, c'était le lieu où je travaillais.
07:41Donc c'était tout à fait possible.
07:43Et en effet, l'État a décidé de le vendre.
07:46Ludovic, la tribune aujourd'hui,
07:49la désindustrialisation s'accélère.
07:53Brandt, c'est une marque parmi tant d'autres
07:55et on risque d'en voir pas mal d'effets
07:57dans les mois et les années à venir.
07:59Je remercie à Anne-Sophie à l'instant,
08:00parce que Brandt, évidemment, il y a tout l'aspect social,
08:03tout l'aspect magnifique portefeuille de marques.
08:06C'est une réalité.
08:08On ne peut pas s'en satisfaire et se dire,
08:10oui, il y a une tristesse.
08:12Mais au-delà de ça, ça exprime finalement ce qui est l'échec aujourd'hui
08:18de la réindustrialisation française, honnêtement,
08:22où il n'y a aucune vision, rien n'est porté.
08:25On a juste l'impression qu'à chaque fois qu'un site ouvre,
08:27c'est une victoire.
08:28Un site ferme, bon, tant pis.
08:31Mais ça montre aussi les limites du jeu actuel.
08:33C'est-à-dire que la réindustrialisation,
08:36elle est intéressante et on peut la porter
08:39si elle permet à ce pays de préparer l'avenir.
08:42C'est-à-dire dans des domaines sur lesquels il y a des enjeux,
08:45il y a des ruptures technologiques à venir,
08:47il y a des avantages concurrentiels.
08:49Honnêtement, et c'est triste à dire,
08:51il y a des domaines sur lesquels,
08:53aujourd'hui, on peut investir des milliards,
08:55on restera, malgré tout, vu de France, vu d'Europe,
08:59dans des vulnérabilités en termes de production,
09:02de coût de production et de valeur ajoutée.
09:05Puis après, Brandt, au-delà de ça,
09:06au-delà des éventuels échecs et autres,
09:09il y a un paramètre qu'il ne faut pas oublier sur Brandt,
09:12c'est que Brandt est aussi pris par une affaire
09:15beaucoup plus grosse,
09:16qui est la faillite du marché de l'immobilier tout court,
09:18parce que l'électroménager vit au rythme de l'immobilier.
09:21Et si l'immobilier s'effondre,
09:23ce qui est le cas en France,
09:24où on va de la crise immobilière
09:26à la crise du logement gentiment,
09:28il n'y a plus de marché électroménage,
09:29on ne s'achète pas des machines à laver tous les matins
09:31pour se faire plaisir,
09:33je ne vais pas vous offrir un frigo à Noël, Raphaël.
09:36Donc c'est un marché de renouvellement,
09:39c'est un marché de renouvellement,
09:42qui est lié aussi à l'état économique du pays,
09:47et ça, Brandt, quelle que soit la marque,
09:49aujourd'hui subit aussi un énorme problème
09:52qu'on vit en France collectivement.
09:53– Bon, Christian, elle a des...
09:55– Juste pour réagir,
09:56deux éléments, souvent de dire,
09:57attention, il faut réindustrialiser,
09:58mais surtout sur certains secteurs stratégiques.
10:00Oui, en effet, c'est ce qu'il faut faire,
10:02mais il faut aussi faire attention.
10:03Quand vous regardez l'Allemagne et l'Italie,
10:05pourquoi ce sont des pays puissants ?
10:06Parce que comme ils ont 16 et 20% de leur PIB dans l'industrie,
10:09ils ont aussi en termes de boîtes,
10:11beaucoup de boîtes en volume,
10:12beaucoup de boîtes d'ETI qui peuvent travailler dans l'industrie.
10:15Et donc le grand problème d'avoir que quelques grands,
10:17on le voit avec Airbus, l'aéronautique,
10:19vous avez une grande entreprise et que des sous-traitants,
10:21et que ces sous-traitants sont complètement dépendants d'une entreprise.
10:24C'est ce qui se passe beaucoup en France.
10:25Et donc il n'y a pas le volume pour dire,
10:26très bien, tu me tues sur mes prix,
10:28je vais aller ailleurs.
10:29C'est le cas en Italie et en Allemagne.
10:31Donc c'est bien de dire sur les stratégiques,
10:32mais pas seulement.
10:33Si on veut se réindustrialiser,
10:34c'est aussi sur le milieu de gamme.
10:36Regardez en Allemagne,
10:37ils sont leaders par exemple sur la fabrication de brosses à dents,
10:39ce n'est pas là où il y a beaucoup de valeurs ajoutées.
10:41Et ils le sont.
10:42Donc ils ont gardé plein de secteurs intermédiaires,
10:44ce qui permet d'avoir des entreprises de taille industrielle
10:47et donc de fait d'avoir du volume.
10:48Et donc avec ça,
10:49je recoupe ce que vous dites
10:50sur le fameux fléchage de l'épargne,
10:52du vrai, etc.
10:53parce que nous on travaille beaucoup là-dessus.
10:54Là aussi,
10:55il y a l'idée de financer des projets.
10:57Quand vous regardez en effet,
10:58même la Caisse des dépôts
10:59ou des organismes comme ça
11:00qui veulent financer des projets,
11:01ils disent oui, on veut,
11:02mais on n'a pas le volume.
11:04Donc cet aspect volume
11:05et d'avoir ces hôtels industriels,
11:06il ne faut pas faire,
11:07à mon sens,
11:07avoir le bien.
11:08En effet,
11:08on n'est que sur le haut de gamme
11:09et dans 2-3 secteurs
11:10et c'est fini.
11:11Ce n'est pas comme ça
11:12qu'on ré-industrie.
11:12Mais est-ce qu'on peut produire
11:14aujourd'hui du moyen de gamme
11:16avec les coûts de production
11:19en France ?
11:20On a le même coût de production
11:21de l'Allemagne
11:21que vous regardez
11:22dans le secteur manufacturier.
11:23On est exactement au même niveau.
11:25Dans certains secteurs,
11:26on connaît l'aéronautique,
11:27la santé,
11:27on a autant d'ingénieurs
11:29qui sont de très bonne qualité.
11:30Il n'y a pas que les ingénieurs
11:31allemands et chinois.
11:32Donc absolument,
11:33on peut le faire
11:33et on l'a déjà fait.
11:34Le problème,
11:35c'est qu'il faut avoir
11:35la volonté politique et économique.
11:37Ce qui est différent.
11:38Il y a deux éléments,
11:39je pense,
11:39qui manquent.
11:40D'abord,
11:40cette planification stratégique.
11:43Effectivement,
11:44ça fait des années.
11:45J'ai beaucoup écrit là-dessus.
11:47On ne peut pas installer des usines
11:50s'il n'y a pas des terrains
11:52pour les accueillir.
11:52Un disponible, oui.
11:53On a raté, par exemple,
11:55l'usine d'Elon Musk
11:56il y a quelques années
11:57qui est allée à Berlin
11:58parce qu'on n'était pas capable
12:00d'offrir un terrain
12:01suffisamment vite.
12:02Donc là,
12:03il y a eu des propositions,
12:04moi j'en ai fait beaucoup,
12:07qui étaient
12:07d'avoir une agence foncière nationale
12:10qui fasse travailler ensemble
12:13les agences foncières régionales
12:15qui existent déjà.
12:16L'idée,
12:17ça serait,
12:17nous avons actuellement
12:18entre 100 000
12:19et 300 000 hectares de friches,
12:22selon les estimations.
12:23Si on veut rattraper
12:25le niveau d'industrie
12:27de la moyenne
12:28de la zone euro
12:29qui est à 14,5,
12:30nous on est à 9,5,
12:32il faut retrouver 5 points.
12:33d'après notamment
12:35beaucoup de travaux,
12:37y compris
12:37par des commissions
12:39du Sénat,
12:40on estime
12:41qu'il faut à peu près
12:4110 000 hectares par point,
12:43donc il faut 50 000 hectares.
12:45Le gouvernement,
12:46il y a 4 ans,
12:473 ans,
12:47a dit,
12:48oui, effectivement,
12:49je vais mener cette politique.
12:50Sauf qu'ils ont enclenché
12:532 000 hectares.
12:56Et notamment,
12:58ça a servi sur Dunkerque
12:59et ailleurs,
13:00mais on ne s'est pas organisé
13:02pour les 50 000 hectares.
13:04Le deuxième point
13:05qu'évoquait Anne-Sophie,
13:07c'est que,
13:07c'est pour ça que je ne suis pas,
13:08il ne faut pas se suicider
13:10sur Orléans
13:10parce qu'il y a une industrie
13:12qui n'est pas négligeable
13:13dans la région centre,
13:15notamment,
13:15il y a une filière cosmétique
13:18de grande taille,
13:19donc peut-être,
13:20on pourra réutiliser
13:23un certain nombre
13:24des travailleurs
13:25qui vont être licenciés,
13:26mais la force de l'Italie,
13:30ce sont ses districts,
13:31c'est-à-dire que,
13:32quand effectivement,
13:33une entreprise
13:34est en difficulté,
13:35il y a une collaboration
13:36avec les autres,
13:37il y a la capacité
13:38de changer de secteur.
13:40L'Italie,
13:42qui est en difficulté
13:43macroéconomique
13:44depuis 20 ans,
13:45était l'année dernière
13:46le quatrième exportateur mondial.
13:48Mais il y a
13:48une grande différence
13:49entre l'Italie et la France,
13:54c'est que vous n'avez pas
13:54un discours anti-industriel
13:56et anti-riches
13:57en Italie,
13:58donc la question fiscale
14:01est très importante,
14:02on vient de voter
14:02un PLFSS
14:03qui rajoute
14:05au poids
14:06de la dépense publique,
14:07et puis après,
14:08on chiale
14:08parce que
14:09le coût du travail
14:11fait qu'on ferme
14:11les entreprises.
14:13Donc,
14:13il y a un moment,
14:14il va falloir connecter
14:14les neurones
14:15et se dire qu'il faut
14:16une stratégie industrielle,
14:18mais il faut l'accompagner
14:18d'une stratégie fiscale,
14:20sociale et éducative.
14:21Bon,
14:21il faut parfois laisser
14:22les entreprises mourir,
14:23il y en a d'autres qui naissent,
14:24il y a des filières
14:25qui naissent aussi.
14:26Je voulais qu'on parle
14:27un peu de la filière
14:28des voitures électriques,
14:30qu'on a inauguré
14:31la troisième gigafactory
14:32près de Dunkerque,
14:33c'est Vercors,
14:35ça avance,
14:37deux ans de travaux,
14:37on y est,
14:38il va y avoir
14:38des centaines d'emplois,
14:39plus de 500 emplois,
14:401200 à terme,
14:42c'est un peu ça aussi
14:43la vie économique,
14:44c'est la fameuse destruction
14:46créatrice de Schumpeter.
14:49Est-ce qu'on est en train,
14:51allez Ludovic,
14:52je me tourne vers vous,
14:52est-ce qu'on est en train
14:53de voir l'émergence
14:54d'une vraie filière
14:55électrique française,
14:58pérenne,
14:59solide,
15:00pérenne,
15:00je ne sais pas,
15:01l'avenir va le dire,
15:02en tout cas,
15:03il était temps,
15:04c'est certain,
15:05et là,
15:06l'ouverture de Vercors,
15:07et c'est vrai que c'est un symbole,
15:08c'est-à-dire le jour où Brandt
15:09tire le rideau,
15:10il y a Vercors
15:11et ses 1200 emplois
15:12qui apparaissent
15:12et qui sortent de terre
15:13dans les Hauts-de-France.
15:16Pour autant,
15:17sur le dossier automobile,
15:18il y a plein de fragilités,
15:19c'est-à-dire que,
15:20évidemment,
15:21le marché automobile européen,
15:23après avoir ralenti,
15:24et puis surtout,
15:25après avoir vu la part
15:26des ventes de volume
15:28de véhicules électriques,
15:29stagné,
15:30voire reculé.
15:32Maintenant,
15:32la grande menace...
15:33Une question de pouvoir d'achat,
15:34ça rejoint la question
15:35du pouvoir d'achat
15:35qu'on évoquait en début d'émission.
15:36La grande menace,
15:37elle est chinoise,
15:38c'est-à-dire que c'est un marché
15:39sur lequel,
15:40dans les années qui viennent,
15:42les Européens
15:43ne vont plus agir en Europe,
15:45sauf à ce qu'il y ait
15:45un accord,
15:46notamment sur la production locale
15:48et c'est tout le débat du moment,
15:50et on verra ce qui va en ressortir
15:52au niveau de Bruxelles.
15:53Avec l'Allemagne
15:53qui n'est toujours pas d'accord.
15:54Avec l'Allemagne
15:55qui n'est pas d'accord.
15:56Mais je rappelle,
15:56juste pour situer,
15:58oui,
15:58Vercors,
15:59oui,
15:59ACC,
16:00enfin,
16:00les différentes gigafactories
16:01qui sont sorties de terre
16:03ces derniers mois
16:04sont un élément
16:05extrêmement important
16:06sur une technologie clé
16:08pour la décennie qui vient.
16:09C'est-à-dire que si on ne la maîtrise pas
16:10localement,
16:11c'est un gros, gros problème.
16:13Mais je rappelle
16:13que ces technologies,
16:14elles viennent d'Asie aujourd'hui.
16:15C'est-à-dire que c'est...
16:16On se retrouve à faire
16:17du transfert technologique.
16:18Ce n'est pas du technologie...
16:19La technologie
16:20made in France.
16:21attention pour autant,
16:23c'est qu'il y a à peu près
16:2411,
16:25de mémoire,
16:26je crois que c'est 11,
16:27projets d'entreprises chinoises,
16:29d'usines chinoises automobiles
16:30qui arrivent en Europe
16:31dans les années qui viennent.
16:33Normalement,
16:33la Chine,
16:34d'ici 2028-2029,
16:36produira sur le vieux continent
16:38un million de voitures par an.
16:41C'est un million de voitures par an.
16:42La question clé étant
16:43d'où viendront les composants ?
16:46Exactement.
16:46Si 60% des composants
16:48du million de voitures
16:49vient de la Chine,
16:51on n'aura pas beaucoup progresser.
16:53L'arche de manœuvre,
16:54c'est-à-dire qu'on préfère.
16:55Qu'est-ce qu'il faut faire
16:55pour ne pas planter ce dossier,
16:57Anne-Sophie Alsif ?
16:58Il faut avoir une politique
16:59protectionniste.
17:00Alors, je sais que ça peut être
17:01un gros mot
17:02qu'on n'aime pas en économie.
17:03On ne fait pas de gaieté de cœur,
17:04bien sûr.
17:05Mais là,
17:06ce qui est beaucoup plus intéressant
17:07et c'est en effet
17:07ce qui se passe sur la Chine,
17:09c'est vrai sur l'aspect
17:10qu'il faut être compétitif,
17:11investir, etc.
17:12On peut,
17:13mais c'est juste
17:13que ça ne marchera pas
17:14puisqu'on a un concurrent.
17:16On peut ou on doit ?
17:16On peut mélanger
17:17protectionnisme et compétitivité.
17:19Oui, bien sûr.
17:20Tout à fait.
17:20Et c'est ce qu'il faut faire.
17:21Mais le problème,
17:21c'est qu'on est beaucoup
17:22sur la compétitivité.
17:23On voit qu'on a des marges de manœuvre.
17:24Bon, ben voilà,
17:25les modèles sociaux qui sont faibles
17:26et beaucoup moins
17:27sur l'aspect protectionnisme.
17:28Alors que de l'autre côté,
17:30la Chine,
17:30en termes de protectionniste,
17:31c'est championne du monde.
17:32Maintenant,
17:33les États-Unis y sont.
17:33Et le protectionnisme,
17:34ça fait 15 ans
17:35que tous les pays
17:36s'y mettent
17:36d'une manière très forte.
17:38Alors,
17:38il faut qu'on développe
17:39peut-être cette idée
17:39de protectionnisme.
17:40Parce que quand on parle
17:41de protectionnisme,
17:42on pense tout de suite
17:42barrière douanière.
17:43Ça peut être beaucoup plus subtil
17:44et intelligent que ça.
17:46Exactement,
17:46ça peut être du non-tarifaire.
17:47Depuis 15 ans,
17:48d'ailleurs,
17:48quand vous regardez
17:48tous les pays
17:49où le protectionnisme
17:50a explosé,
17:51c'est que du non-tarifaire.
17:53Donc, c'est voilà,
17:53tu ne respectes pas telles normes,
17:54tu n'as plus accès à notre marché.
17:55Et le but de l'Europe,
17:56c'était de le faire,
17:57notamment sur les aspects
17:58climat et environnementaux.
18:06agressifs.
18:07Donc, l'idée,
18:08parce qu'ils ont des problèmes
18:08démographiques aussi
18:09qui sont importants
18:10et qu'eux planifient à 30 ans,
18:11donc voilà,
18:12il faut qu'ils gèrent
18:13ce problème de démographie
18:13à 30 ans.
18:14Qu'est-ce qui se passe
18:15depuis le Covid ?
18:15C'est qu'on n'est plus
18:16que dans les secteurs stratégiques.
18:17On a vraiment regardé
18:18les chaînes de valeur
18:19point par point
18:20avec tout ce qui est
18:21étape de production
18:21à l'étranger,
18:22à l'extérieur.
18:23Et ce que vous voyez,
18:24c'est que sur le niveau de gamme,
18:26c'est-à-dire le commerce
18:26en valeur ajoutée,
18:27la part des intrants
18:28en valeur ajoutée
18:29n'a cessé d'augmenter
18:30plus de 30%
18:31depuis le Covid.
18:32Et donc, l'idée,
18:33c'est vraiment...
18:33La part chinoise,
18:34on est bien d'accord.
18:35Exactement, la part chinoise.
18:36C'est d'avoir vraiment
18:37une position dominante
18:38plus que sur quelques
18:39secteurs stratégiques.
18:40Le plan de l'OMC,
18:42c'était sur ce qui est stratégique
18:43et plus de 80%
18:44de parts de marché
18:44à 2049.
18:46Ça, c'est fait.
18:47Là, le but maintenant,
18:48c'est qu'on élargit
18:49sur le stratégique
18:49parce que je suis en surcapacité,
18:51je n'écoule pas assez.
18:52Je ne vais pas aller encore
18:52en Asie
18:53parce qu'ils ont signé
18:54un traité
18:55qui s'appelle le RCEP
18:56avec tous les pays
18:58de la région,
18:58mais il n'y a pas assez
18:59de droits de douane.
19:00Donc, ça, on y sera
19:01dans 15 ans.
19:01On a fait un peu
19:02nos estimations.
19:02Dans 15 ans,
19:04cette partie du monde
19:04sera totalement substituable
19:06à l'Europe.
19:07Donc, ils pourront dire
19:07au revoir l'Europe,
19:08ils iront là.
19:09Mais en attendant,
19:09dans 15 ans,
19:10ils ont encore un peu
19:10besoin de nous.
19:11Et donc, il faut profiter de ça
19:12pour écouler leurs produits
19:13en leur disant très bien.
19:15On proteste dans le marché
19:16avec de la...
19:17Alors, pas forcément
19:17de la subvention,
19:18mais en effet du non tarifaire
19:19parce qu'ils subventionnent
19:20massivement leur économie.
19:21Voilà, c'est de 15 à 25%
19:23sur l'automobile.
19:24Bon, on le voit.
19:25Là, ils sont là,
19:25c'est fini.
19:26Donc, c'est la seule chance.
19:27Vous pouvez faire tout
19:28ce que vous voulez
19:28en compétitivité.
19:29Voilà, ils sont
19:30les rois du monde.
19:31On ne les rattrapera pas.
19:32Voilà.
19:32Donc, ça, c'est vraiment
19:33ce qu'il faut faire.
19:33Et ensuite, secteur par secteur.
19:35Là, en effet,
19:35vous pouvez mettre des quotas.
19:36Vous pouvez mettre...
19:37C'est ce que font les États-Unis.
19:38C'est ce qu'on fait
19:38énormément de pays
19:39parce que vous allez avoir
19:40une telle vigueur
19:41et une telle agressivité
19:43de la Chine
19:44à venir en Europe
19:45sur ces 15 prochaines années
19:46qui va être colossale
19:47et qui ne sera pas
19:47que dans quelques secteurs.
19:49Alors, le point clé,
19:50effectivement,
19:51c'est que la Chine
19:53ne poursuit pas seulement
19:55une stratégie de compétitivité.
19:58Elle conduit
19:59une stratégie de domination.
20:01Oui.
20:01On le voit sur les terres rares.
20:02Elle veut devenir
20:03la première puissance
20:04économique mondiale
20:04en 2049.
20:05Une domination au service.
20:06La République de Chine
20:07de l'objectif
20:07est très clairement affichée.
20:09Et une domination
20:09pas seulement économique
20:11mais une domination
20:12au service
20:13d'une domination stratégique
20:15puisque à partir du moment
20:18où ils contrôlent
20:19les terres rares,
20:20ils disent
20:20si vous ne vous conduisez
20:22pas en gentil garçon,
20:23on vous supprime l'accès
20:24et ils vont faire
20:26la même chose
20:27pour les microprocesseurs,
20:29pour l'automobile,
20:30ainsi de suite.
20:31Donc, non seulement
20:33il faut une stratégie française
20:34mais il faut une stratégie
20:35européenne sur ces sujets-là.
20:37Alors là,
20:38le point de bascule
20:39n'est peut-être pas si loin
20:40parce que jusqu'ici,
20:42notamment au cours
20:44des 15 dernières années,
20:46l'Allemagne s'est opposée
20:47à toute stratégie
20:48permettant de limiter
20:50les importations chinoises
20:53en Europe.
20:54Notamment,
20:55on l'a dit ici
20:56de nombreuses fois,
20:57ils étaient dans leur
20:58fameux modèle Merkel
20:59qui était
21:00j'importe du gaz russe
21:02pour vendre des bagnoles
21:03en Chine.
21:03Si ce n'est que maintenant
21:04ça s'inverse,
21:05les voitures chinoises
21:06se vendent en Allemagne.
21:09au premier semestre,
21:11c'est la première fois
21:12depuis 50 ans
21:14que la balance
21:15sur les exports-imports
21:19de voitures
21:19entre Chine
21:20et Allemagne
21:21est devenue négative.
21:23Donc,
21:23les Allemands
21:24s'inquiètent fortement.
21:26Et la question,
21:27c'est à partir de quand
21:28les Allemands
21:30auront suffisamment peur
21:31pour dire...
21:31Est-ce que c'est le principal
21:33verrou en Europe
21:34aujourd'hui pour avancer ?
21:36Oui,
21:36il faut bien dire
21:36qu'aujourd'hui
21:36toute la politique,
21:37si je peux finir sur ce point,
21:38la politique industrielle
21:39en Europe
21:40est dirigée
21:40par les automobiles
21:42et les constructeurs allemands
21:43pour ne pas les citer
21:43Volkswagen et autres.
21:44Et tous les scandales
21:45qu'on a eu depuis 20 ans,
21:47le fait de ne pas avoir
21:47d'Europe de la défense,
21:48le fait de justement
21:49être complètement dépendant
21:50du gaz russe,
21:51le fait de ne pas avoir
21:51fait l'Europe de l'énergie,
21:53tous ces éléments,
21:53c'est à chaque fois
21:54un blocage
21:55de cette industrie.
21:56Aujourd'hui,
21:57qu'est-ce que veut faire
21:57Volkswagen ?
21:58Ils veulent en effet
21:58délocaliser,
22:00aller produire
22:00des usines en Chine
22:02pour avoir des coûts plus bas
22:03et ensuite les remporter
22:04en Europe
22:05au lieu de jouer
22:05la carte européenne.
22:07Et donc c'est là
22:08où l'enjeu clé
22:09et il faut regretter
22:11que notre président
22:12voyage dans le monde entier
22:14et n'utilise pas
22:15ce qu'il nous reste
22:16de puissance
22:16pour peser,
22:18c'est la question
22:19des composants,
22:20c'est-à-dire
22:20faire ce que font
22:21les Américains
22:22dans le cadre
22:23des accords
22:25commerciaux
22:26d'Amérique du Nord,
22:27c'est de dire
22:28dans les importations,
22:30on veut au moins
22:3175%
22:33de composants
22:36produits effectivement
22:37aux Etats-Unis
22:38pour les Américains
22:39et produits
22:40en Europe
22:41pour nous
22:41parce qu'effectivement
22:43si on a un million
22:44de voitures
22:44produites
22:45en Europe de l'Est
22:47avec essentiellement
22:48des composants
22:48venant de Chine,
22:49on se fait baiser
22:50deux fois
22:51pour parler clairement.
22:52Donc il y a un moment,
22:54il faut anticiper,
22:55là on n'est même pas
22:56dans l'anticipation,
22:58les usines sont en train
22:59de se construire,
22:59on sait qu'ils vont
23:00produire ces voitures
23:02avec des composants
23:03qui vont venir de Chine,
23:04donc la question c'est
23:06est-ce qu'on devait avoir
23:08des annonces
23:09de la Commission européenne
23:10il y a quelques jours,
23:11elles ont été reportées
23:13au mois de janvier ?
23:14Vous anticipez ma question ?
23:15Juste sur un point,
23:18l'Allemagne n'est pas
23:20totalement pour l'instant
23:21opposée à cette idée
23:23de composants
23:25produits en Europe,
23:26les pays les plus
23:27en pointe,
23:29c'est des petits pays
23:30d'Europe de l'Est,
23:31y compris les pays
23:32baltes,
23:33la Hongrie justement
23:34parce qu'elle va recevoir
23:35les usines
23:36et donc c'est eux
23:37qui bloquent
23:37au niveau européen
23:38mais il y a un moment
23:39où l'intérêt national
23:41de la France
23:42il doit compter aussi
23:43et le gouvernement français
23:44est totalement absent.
23:46Oui,
23:46et si l'intérêt européen
23:47aussi,
23:47mais on est au cœur
23:48des discussions
23:48en ce moment
23:49sur la scène européenne
23:50je pense qu'un jour
23:53on prendra le recul
23:54sur ce désastre allemand
23:55qui est réel,
23:56cette influence
23:57qui est réelle
23:58et sur laquelle
23:59certes l'Allemagne
24:00est en train d'évoluer
24:01mais tout n'est pas
24:01encore joué,
24:02preuve en est
24:03c'est que la date
24:03sur l'autonomie
24:05ne cesse d'être reportée
24:06donc on voit bien
24:06que les coins...
24:07Ça bouge chez les jeunes
24:07économistes allemands
24:08mais la vieille garde
24:10est toujours en place.
24:10Je vais essayer d'une anecdote
24:11juste pour comprendre
24:11à quel point ça a une influence
24:13lourde.
24:14On va dire en batterie,
24:15au niveau des batteries,
24:16il y a deux grandes technologies,
24:17la technologie nickel
24:19et la technologie lithium.
24:21Nickel, c'est une technologie
24:22qui est favorable
24:23aux voitures lourdes
24:24haut de gamme,
24:26c'est-à-dire en gros
24:26les voitures allemandes.
24:27BMW et Mercedes.
24:28C'est là-dessus
24:30qu'aujourd'hui
24:30l'Europe a énormément
24:32parié sous pression
24:34des Allemands.
24:34Or, dans la réalité,
24:36le marché automobile
24:37de la voiture électrique
24:38se joue aujourd'hui
24:39sur les petits modèles
24:40pas chers.
24:41C'est-à-dire
24:42le lithium,
24:44le français,
24:45et les marques françaises
24:47se retrouvent handicapées
24:48avec certes aujourd'hui
24:49des gigafactories
24:50qui apparaissent
24:51sur le territoire,
24:52mais des gigafactories
24:53qui embarquent
24:53la mauvaise technologie
24:54et sous la pression
24:56historique allemande.
24:58Donc voilà,
24:58il y a un déséquilibre
25:00aujourd'hui.
25:00L'entreprise Vercors,
25:01elle est avec
25:02la techno nickel.
25:05Nickel.
25:06Et ces choix-là
25:07sont des choix
25:07extrêmement engageants,
25:09qui structurent
25:11et qui orientent
25:12vraiment le marché
25:12et qui créent
25:14des appels d'air
25:15ou des impasses
25:16historiques.
25:17aujourd'hui,
25:18il y a un enjeu
25:19qui est très fort
25:19à Bruxelles
25:20et sur lequel,
25:20j'allais dire,
25:21il va falloir que Bruxelles
25:22se réveille et sorte
25:23un petit peu du doux rêve
25:24dans lequel on est un peu
25:25paralysé depuis l'arrivée
25:26de Donald Trump.
25:27Il est temps de durcir
25:28un petit peu les positions,
25:29de sortir les crocs
25:30et de savoir défendre
25:32sur des aspects
25:32qui sont des aspects
25:33souverains,
25:34industriels,
25:36des technologies
25:36qui représentent
25:38des enjeux majeurs.
25:39Et puis je parle,
25:40on n'a même pas encore
25:41abordé tout ce qui est
25:41nouvelles technologies,
25:42c'est-à-dire
25:43intelligence artificielle
25:43et autres,
25:44sur lesquelles on a
25:47aujourd'hui,
25:48le marché européen,
25:49on est complètement
25:50plugué
25:52sur des ressources
25:53qui sont de l'autre côté
25:54des Etats-Unis
25:55et sur lesquelles
25:56l'Europe a perdu
25:56une grande partie
25:57de sa souveraineté
25:58sur des technologies clés
26:00pour la décennie qui vient.
26:00Nous sommes une colonie
26:01numérique américaine,
26:02point.
26:03Et quand on se vit encore
26:06comme une colonie
26:07militaire américaine,
26:09sauf qu'ils ne veulent plus
26:10se battre pour nous,
26:11donc effectivement,
26:12soit on rebondit,
26:13mais il ne faut pas rebondir
26:14dans dix ans,
26:15c'est maintenant
26:15que ça se dit.
26:16En Allemagne,
26:18et même chez les constructeurs,
26:20ce qui est très compliqué
26:21pour l'Allemagne,
26:22c'est qu'ils ne vendent plus.
26:24Donc là,
26:24si vous voulez,
26:25vous avez vraiment...
26:26C'est existentiel pour eux,
26:27leur modèle a complètement
26:27explosé.
26:29Vous voyez Porsche...
26:30Chaque ligne est une opportunité,
26:31on peut se dire que peut-être
26:32c'est le moment
26:32effectivement de les mettre
26:34au pied du mur.
26:34Vous voyez leur vente
26:34de voitures électriques,
26:35même thermiques en Chine,
26:36qui s'effondent,
26:37donc là,
26:37il y a vraiment un espèce
26:38de volume,
26:38juste ce qui n'est plus.
26:39Donc ça,
26:40c'est quand même très compliqué,
26:41donc on voit quand même
26:41que beaucoup de constructeurs
26:46appellent l'industrie automobile,
26:47tout emploi confondu,
26:48c'est 14 millions
26:49d'emplois en Europe.
26:50Donc là,
26:51quand on parle de pouvoir d'achat,
26:5214 millions,
26:53c'est absolument colossal.
26:54On est normalement
26:55les leaders de l'automobile mondiale,
26:57enfin sur ces sujets-là
26:58depuis la Seconde Guerre mondiale.
27:00On était.
27:00On l'était.
27:01C'est quelque chose
27:02qui est existentiel,
27:03presque.
27:04Là, on ne parle pas
27:04de 1 000 ou 2 000 personnes.
27:06Sur les 14 millions,
27:06il va y avoir quoi ?
27:0760% chez les sous-traitants ?
27:09Ah oui,
27:09c'est même plus,
27:10c'est 67%,
27:11quelque chose comme ça.
27:12Mais bon,
27:13c'est toute la filière.
27:15Donc on voit
27:16que les Allemands
27:16commencent à bouger.
27:18On a quand même
27:18ce fameux plan d'investissement,
27:20500 milliards,
27:21même si bien sûr
27:22c'est beaucoup
27:22sur la défense,
27:23mais défense automobile,
27:25ça matche bien,
27:26notamment en termes de compétences.
27:27Donc là,
27:27en effet,
27:28il faut y aller.
27:28Mais surtout,
27:29ce qu'il faut leur faire comprendre,
27:30c'est que c'est fini
27:31pour la défense américaine,
27:32c'est fini pour la Chine,
27:33ce ne sont pas nos amis.
27:35Et même si en effet,
27:35il faut travailler avec eux,
27:36il n'y a pas de sujet
27:37pour ne pas travailler avec eux,
27:38ce que l'on ne veut pas,
27:39c'est qu'ils soient toujours
27:39en situation de position dominante.
27:41Je rappelle,
27:42une économie ouverte
27:43avec la libre concurrence,
27:44vous avez 10-20%
27:46de parts de marché,
27:47vous n'en avez pas 80-90.
27:49Quand vous êtes dans cette situation-là,
27:50vous n'êtes plus
27:50dans un système concurrentiel.
27:52Donc c'est vraiment
27:52ce que fait faire la Chine.
27:54Et donc il faut en effet
27:54mettre en place
27:55ces mesures protectionnistes
27:56que font les États-Unis,
27:57que font encore tous les pays,
27:58vous voyez l'Amérique latine,
27:59l'Afrique,
27:59tous les pays se défendent,
28:01notamment sur cette industrie.
28:02On fait du transfert de technologies
28:04et sinon on fait du long tarifaire
28:05pour que les voitures européennes
28:07restent attractives à l'achat.
28:09Parce que là,
28:09on a en effet des coûts
28:1020-25% moins chers
28:12avec un niveau de technologie.
28:14Même, vous voyez Tesla
28:14et BYD,
28:15c'est très tôt.
28:16Très largement devant,
28:17évidemment.
28:18Allez, il est 10h31
28:18sur BFM Business.
28:20Ces débats sont absolument passionnants.
28:22Donc,
28:23c'est très tôt.
28:36C'est très tôt.
Écris le tout premier commentaire