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Jean-Marc Morandini et ses chroniqueurs décryptent l'actualité des médias dans #MorandiniLive
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00:00:00Mercredi 19 novembre 2015, Morandini Live, numéro 1752 sur CNews, première chaîne d'info de France.
00:00:10Bonjour et bienvenue en direct.
00:00:12A la une, hier matin dans Morandini Live, nous vous racontions cette histoire reine d'un détenu qui s'est évadé lors d'une visite au planétarium.
00:00:19Mais aujourd'hui, nous allons vous révéler une histoire encore plus incroyable et surtout dramatique.
00:00:23Walid était incarcéré pour violence et harcèlement sur sa compagne,
00:00:26mais également pour violence en récidive sur personnes dépositaires de l'autorité.
00:00:31En clair, des membres des forces de l'ordre.
00:00:33Mais trois mois après son incarcération, il s'évade lors d'une sortie à Mégev, un stage d'escalade pour les prisonniers.
00:00:40C'est à peine croyable, Walid va en profiter pour retrouver sa compagne.
00:00:43Il la poignarde alors à plusieurs reprises et va tenter de l'égorger.
00:00:47Cette jeune femme sera en direct avec nous, ainsi que son avocate dans un instant.
00:00:52Et à propos des prisonniers, justement, quand certains font des sorties à la montagne au musée, d'autres sont hyper surveillés.
00:00:57Comme vous allez le voir dans ce document, CNews a pu assister au transfert d'un détenu vers la prison haute sécurité de Condé-sur-Sarthe.
00:01:04Nous étions embarqués avec les équipes qui ont escorté ce prisonnier.
00:01:076h du matin devant la prison de Moulin-Hiseur.
00:01:13Deux fourgons pénètrent à l'intérieur de cette maison centrale qui accueille des détenus de longue peine.
00:01:19Les RIS, les équipes régionales d'intervention et de sécurité viennent pour le transfert d'un profil issu de la criminalité organisée
00:01:26jusque dans la prison ultra sécurisée de Condé-sur-Sarthe.
00:01:2915 minutes plus tard, ces forces spéciales arrivent devant la cellule d'un détenu placé à l'isolement
00:01:37qui ne sait pas encore qu'il est sur le point d'être transféré.
00:01:43Les RIS escortent le prisonnier.
00:01:46Dans ses cartons se trouve le pactage, c'est-à-dire le strict minimum de ses affaires.
00:01:51Le reste arrivera après son transfert.
00:01:54Avant de franchir les portes de la prison, le greffe notifie une levée d'écrou aux détenus.
00:01:59Une nouvelle identité carcérale lui sera remise à son arrivée dans le quartier ultra sécurisé de Condé-sur-Sarthe.
00:02:06Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est félicité vendredi dans un poste sur X
00:02:11de l'occupation de ces quartiers sous haute sécurité.
00:02:14Nouvelle engagement tenue.
00:02:15Ouverture hier de la seconde prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe,
00:02:19moins de quatre mois après la création de la première à Vendin-le-Vieille.
00:02:22Une dizaine de détenus dangereux viennent d'y être incarcérés
00:02:25après un transfert dans des conditions de sécurité exceptionnelles.
00:02:29Le garde des Sceaux avait annoncé le transfert d'une quarantaine de détenus
00:02:33dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe
00:02:37d'ici la fin du mois.
00:02:40Alors on parle de la sécurité des prisonniers,
00:02:42mais il faut aussi évoquer les surveillants,
00:02:43même les directeurs de prison qui se retrouvent dans le viseur des délinquants.
00:02:47Le directeur adjoint de la maison d'arrêt de Chambéry
00:02:50a été pris à partie par deux individus en quittant son lieu de travail.
00:02:53Une information de nos confrères d'Europe 1,
00:02:56les agresseurs étaient cagoulés, ils l'ont poursuivi dans la rue.
00:02:59Par chance, ce directeur a réussi à leur échapper et il s'en sort indemne.
00:03:03Des témoins menacés, des policiers inquiétés,
00:03:05un directeur de prison intimidé, on vient de le voir.
00:03:07Nous sommes sans doute en train de prendre le chemin de la Belgique.
00:03:10La police belge a en effet mené hier 18 perquisitions
00:03:14et arrêté 8 suspects dans le milieu du trafic de stupéfiants.
00:03:17Il projetait un attentat contre le procureur de Bruxelles.
00:03:20C'est un projet d'attentat qui visait une personne en particulier,
00:03:27le procureur du roi de Bruxelles, Julien Moinil.
00:03:30Dans cette affaire, la police belge a arrêté et placé en garde à vue
00:03:338 suspects en lien avec le trafic de drogue organisée
00:03:36que le procureur combattait fermement.
00:03:39Il a affiché une volonté très très claire
00:03:41de s'attaquer frontalement aux crimes organisés.
00:03:44Il a été nommé alors que plusieurs fusillades avaient eu lieu à Bruxelles
00:03:49dans le cadre de règlements de comptes liés au trafic de drogue,
00:03:53qu'il y avait d'autres problèmes liés à la criminalité organisée.
00:03:57Et donc il en a fait un de ses principaux,
00:03:59même probablement son principal cheval de bataille.
00:04:02L'ancien magistrat a appris ses fonctions en janvier dernier
00:04:05à la tête du parquet de Bruxelles.
00:04:06La police avait eu connaissance de ce projet d'attentat au mois de juillet.
00:04:11C'est d'ailleurs pas la seule menace qui vise le procureur Moinil,
00:04:13il y en a d'autres, mais celle-là a été jugée particulièrement crédible.
00:04:17Le procureur a été placé immédiatement sur protection policière
00:04:20et une cinquantaine d'enquêteurs ont été affectés aux recherches
00:04:25concernant l'origine de la menace.
00:04:27La Belgique est une des plaques tournantes du trafic de drogue en Europe,
00:04:31notamment dans le port d'Anvers,
00:04:33l'une des principales arrivées de cocaïne sur le continent.
00:04:36Et à propos de drogue, justement,
00:04:38nous consacrerons une grande partie de cette émission à Marseille
00:04:40dans une édition spéciale pour savoir si Marseille est en train de tomber.
00:04:44Et nous reviendrons sur les obsèques de Mehdi Kessassi.
00:04:47Vous savez, c'est le frère d'Amin Kessassi qui parle ce matin
00:04:50et qui affirme que personne ne le fera à terre contre le narco-trafic.
00:04:54Mais vous verrez également dans un instant un document.
00:04:56Le 13 mai 2022, j'étais allé dans la cité Caliste en direct
00:04:59avec les équipes de Morandini Live, une émission agitée et musclée.
00:05:03Et Amine Kessassi, que vous voyez ici à droite,
00:05:06était venue témoigner en direct.
00:05:08Vous entendrez son témoignage.
00:05:11C'était en 2022.
00:05:13Mais tout d'abord, retour sur les obsèques de son frère hier.
00:05:17Des compagnies de CRS, une brigade motorisée
00:05:20et même des démineurs pour enterrer le petit frère d'Amin Kessassi à Marseille.
00:05:26En France, rarement un enterrement aura fait l'objet d'un tel dispositif de sécurité.
00:05:31Les habitants, consternés, sont toujours choqués par l'assassinat de mes 10-20 ans,
00:05:36petit frère du militant écologiste Amine Kessassi, engagé contre le narcotrafic.
00:05:42Selon eux, un cap a été franchi.
00:05:45Ça fait longtemps qu'on a franchi ce cap.
00:05:48C'est de pire en pire.
00:05:49Ça fait 58 ans qu'elle habite là, ma mère, à l'époque.
00:05:52C'était bien maintenant, c'est malheureux.
00:05:54Je suis catastrophée et en même temps désemparée.
00:05:57C'est quasiment tous les jours qu'on a des trucs de ce genre, des innocents qui meurent.
00:06:03Comme un rempart à la barbarie,
00:06:04beaucoup sont venus déposer des fleurs ou des bougies sur le parking où est mort le jeune homme.
00:06:10Mais au fond, un sentiment d'impuissance domine parmi les Marseillais.
00:06:14Vous voulez qu'on aille après, quand on a un certain âge, après.
00:06:17Je suis veuve, vous voulez qu'on aille.
00:06:21C'est malheureux pour ce qui arrive.
00:06:22Marseille, c'est la Sicile maintenant.
00:06:25C'est comme la Sicile, c'est pas l'herbe.
00:06:27C'est vraiment fier.
00:06:29Que je vais faire.
00:06:30En hommage à Mehdi Kessassi et pour dire stop au narcotrafic à Marseille,
00:06:35une marche blanche aura lieu ce week-end.
00:06:38Et page spéciale sur Marseille.
00:06:40Tout à l'heure, à partir de 11h dans Morandini.
00:06:42Il va à Corbeil-Essonne, cette fois.
00:06:44C'est la police municipale qui est en grève illimitée à partir d'aujourd'hui.
00:06:47Pour protester contre la baisse des effectifs et le manque de moyens, nous sommes allés à leur rencontre pour tenter de comprendre ce mouvement qui est plutôt exceptionnel.
00:06:56Après de multiples demandes laissées sans réponse, ils passent à la vitesse supérieure.
00:07:01Pour faire entendre leur colère, les policiers municipaux de Corbeil-Essonne entament une grève illimitée.
00:07:06Leurs revendications sont nombreuses.
00:07:08Ils sont liées à des pratiques managériales, à une demande de revalorisation, à une demande de retour à des cycles horaires.
00:07:15Ils sont amenés à faire des fermetures de parcs, ils sont amenés à avoir des missions très administratives.
00:07:20Mais ils ne peuvent pas dégager de temps pour aller faire de la police de proximité, aller sur les interventions, puisqu'ils ont des missions chronophages.
00:07:28Plafond délabré, pièces d'eau rongées par la moisissure.
00:07:31Ces agents sont également remontés face à l'insalubrité de leurs locaux.
00:07:34On a eu également à destination des clichés photographiques du poste de police municipale qui atteste d'un poste qui est vétuste, d'un poste qui n'est pas adapté.
00:07:44Les policiers municipaux de Corbeil, ce qu'ils demandent, c'est effectivement de pouvoir être soutenus dans leur mission, mais également d'avoir les moyens d'agir.
00:07:50Avoir les moyens d'agir et entamer des négociations avec le maire, jusqu'ici, absent.
00:07:56Les policiers ont prévu de se rassembler devant l'hôtel de ville cet après-midi, mais en amont du conseil municipal, afin de ne pas venir perturber la séance.
00:08:04Allez, comme tous les jours, les tops et les fleuves d'audience, des primes, c'est avec Vista Audiance, Aïna Skivin.
00:08:11Va-t'en.
00:08:11Hier soir, la série de France 3, Alex Hugo est parvenu à conserver sa place de leader avec 3 millions et demi de téléspectateurs au rendez-vous.
00:08:20Sur M6, la France a un incroyable talent, présenté par Karine Lemarchand, à gagner un peu de terrain avec un score très correct à 2 800 000 personnes.
00:08:28Petite déception pour TF1 qui diffusait le blockbuster Harry Potter et l'Ordre du Phénix qui est à 2,6 millions, une audience très moyenne.
00:08:34Pour France 2, c'est un flop. Son doc Notre Histoire de France consacré à Louis XIII n'a pas attiré les foules à seulement 1,6 millions.
00:08:42A la cinquième place, on retrouve France 5 qui a très bien résisté avec 1,1 million de téléspectateurs devant le magazine Enquête de Santé.
00:08:49Les autres chaînes sont en revanche très loin derrière.
00:08:52TMC fait moitié moins avec le reportage de Martin Veil, suivi de très près par Arte et son doc consacré au procès de Nuremberg à 609 000.
00:09:00Et c'est Zestar qui firme ce classement, offrolant les 300 000 téléspectateurs devant son émission Convoi exceptionnel, transport de l'extrême en famille.
00:09:08Mister Audience vous dit, à demain.
00:09:11Allez, je vous présente mes invités qui vont m'accompagner en direct jusqu'à midi.
00:09:15Alexandre Nicolique, bonjour.
00:09:16Bonjour à vous.
00:09:16Merci d'être avec nous, député européen et porte-parole du Rassemblement National, David-Xavier Weiss, bonjour.
00:09:21Bonjour Jean-Marc.
00:09:21Merci d'être là, maire adjoint et républicain de Levallois-Péret, Axel Ronde, bonjour.
00:09:25Porte-parole CFTC Police, Martin Garnion, bonjour.
00:09:28Vice-président du groupe Renaissance dans les Hauts-de-Seine, Ediland Slama, avocat, bonjour.
00:09:32Merci d'être avec nous.
00:09:33Hier matin, dans Morandini Live, nous vous présentions cette histoire à reine d'un détenu qui s'était évadé lors d'une visite au Planétarium.
00:09:41Mais aujourd'hui, on va vous révéler une histoire qui est encore plus dramatique.
00:09:44Et pour cela, maître Nathalie Tomazini nous a rejoint.
00:09:46Bonjour maître.
00:09:47Merci d'être avec nous.
00:09:48Vous êtes avocate spécialiste des violences faites aux femmes.
00:09:50Et l'histoire que vous allez nous raconter dans un instant est totalement surréaliste.
00:09:54C'est l'histoire de Maëva qui sera en direct avec nous d'ailleurs dans un instant.
00:09:58Une histoire qui commence par des violences qu'elle subit.
00:10:02Tout à fait.
00:10:03C'est vrai que j'ai souhaité aujourd'hui porter la parole de ma cliente qu'on va entendre, vous l'avez dit.
00:10:09Parce que j'ai entendu sur vos ondes et dans toute la presse parler de l'évasion de ce détenu qui avait bénéficié d'une sortie pour aller visiter le Planétarium.
00:10:22Et ça m'a fait irrésistiblement penser à un de mes dossiers qui est toujours en cours.
00:10:27où de manière similaire, un homme, le compagnon de Maëva, ma cliente, avait été condamné pour violences sur des policiers.
00:10:39Alors qu'ils étaient intervenus parce qu'il y avait justement des violences sur Maëva, sur ma cliente.
00:10:46Et cet homme avait été donc condamné à deux ans de détention.
00:10:50Et il a bénéficié, de la même manière, d'un stage d'escalade à Meugev.
00:10:57Et au cours de ce stage d'escalade, il a demandé à aller aux toilettes.
00:11:04Il n'a pas été accompagné.
00:11:05Il n'a pas été surveillé.
00:11:07Et il s'est enfui tout bonnement à pied.
00:11:11Et il n'a pas été retrouvé par les forces de police.
00:11:15Et cependant des mois.
00:11:17C'est-à-dire qu'en fait, il est condamné à deux ans de prison.
00:11:20Moi, j'ai regardé le dossier.
00:11:22Son stage d'escalade, on lui donne au bout de trois mois.
00:11:23C'est ça.
00:11:24Voilà.
00:11:24Donc très, très vite, on lui dit, il peut sortir, il peut aller faire un stage d'escalade.
00:11:27Ce qui paraît totalement surréaliste déjà.
00:11:30Et en plus, dans ce stage d'escalade, on le laisse partir tout seul aux toilettes.
00:11:34Tout à fait.
00:11:35Il n'est pas surveillé.
00:11:35Et il s'en va.
00:11:36Et on y reviendra.
00:11:37Vous voyez bien que le profil de l'individu, il n'a pas été trié sur le volet, ce monsieur.
00:11:44Parce que j'ai entendu dire que ce type de sortie, finalement, ne bénéficiait qu'à des détenus exemplaires très peu dangereux.
00:11:53Or, cet homme-là, je vous le rappelle, il avait violenté des policiers et il avait violenté sa compagne.
00:12:00C'est ça.
00:12:00Il a été condamné.
00:12:01On va voir sa condamnation et ce qui s'est passé.
00:12:03Il a été condamné pour violence contre sa compagne, pour refus d'obtempérer, pour rébellion et violence sur personnes dépositaires de l'autorité.
00:12:12Voilà.
00:12:13Donc ça fait quand même pas mal de choses.
00:12:15Trois mois après, il s'évade lors de sa sortie à la montagne.
00:12:18Et c'est là où le drame va se jouer.
00:12:21C'est-à-dire qu'il va pendant sa fuite, il retrouve sa compagne.
00:12:24Il retrouve sa compagne.
00:12:26D'abord, il prend contact avec elle avec des téléphones de tiers, pour ne pas qu'on le localise, ou des cartes prépayées.
00:12:34Donc la police peine à le retrouver.
00:12:37Et là, arrive le jour du drame, où il attend sa compagne à la sortie de son établissement de formation.
00:12:45Un soir, en hiver, il l'attend avec un couteau et il va l'égorger comme un mouton.
00:12:53Et donc, elle ne doit sa survie, cette jeune femme, parce qu'elle avait à peine 19 ans à l'époque.
00:13:01Elle ne doit sa survie qu'au fait que finalement, les policiers, l'ambulance, vont être prévenus très très très rapidement
00:13:11par des élèves qui restaient tardivement et qui étaient encore là et qui voient une femme qui chancelle et qui perd son sang et qui tient sa gorge.
00:13:24Il faut savoir que la lame de couteau est passée à quelques millimètres près de la carotide.
00:13:30Donc cet homme, par la suite, évidemment, va être interpellé.
00:13:36Enfin, il va être jugé et il va être condamné à 30 ans de prison, puisqu'il s'agissait d'une tentative de féminicide.
00:13:47On verra dans un instant, maître, si la responsabilité de l'État peut être engagée dans une affaire comme celle-là.
00:13:51Vous nous direz ce qu'il en est, mais on est en direct justement avec Maëva, qui est la victime dans cette affaire,
00:13:56qui veut garder son anonymat et on la comprend bien évidemment parce qu'elle refait sa vie.
00:14:00Bonjour Maëva.
00:14:02Bonjour.
00:14:02Merci beaucoup d'être en direct avec nous. Votre histoire, elle est glaçante, bien évidemment.
00:14:07D'abord, je voudrais savoir comment ça s'est passé quand votre ex-compagnon s'est évadé. Est-ce qu'on vous a prévenu ?
00:14:13Alors oui, on m'a prévenu quelques heures après en me disant que du coup, il s'était évadé de prison
00:14:19et en me demandant si j'avais des informations sur sa fuite.
00:14:26Est-ce que vous avez eu peur à ce moment-là ? Vous vous êtes dit qu'il risque de revenir,
00:14:30il risque de vouloir me retrouver ?
00:14:32Bien sûr, oui. J'ai eu extrêmement peur. C'est la première chose à laquelle j'ai pensé.
00:14:36Il vous a retrouvé au bout de combien de temps ?
00:14:39Le lendemain, je crois.
00:14:42Ah oui ?
00:14:44Oui.
00:14:45Le lendemain, il vous retrouve et il vous attaque ?
00:14:48Non, non. Ce n'est pas le lendemain qu'il m'a attaquée. Pendant un mois et demi, c'était de l'harcèlement.
00:14:53Il venait sur mon lieu de travail. Il me suivait en voiture. Quand j'étais aux courses, il était aux courses.
00:15:00Il me suivait tout le temps.
00:15:01Mais attendez, je ne comprends pas. C'est-à-dire qu'en fait, il s'est évadé. Il est recherché par la police.
00:15:05Et malgré tout, il vous harcèle, il vous suit, il vient sur votre lieu de travail.
00:15:09Alors qu'il est en fuite, qu'il s'est évadé de prison et qu'il est recherché par la police ?
00:15:12Exactement. Et je contacte la police à chaque fois.
00:15:14Et à chaque fois, il y a eu des éléments qui ont fait qu'ils n'ont pas pu le trouver.
00:15:20Waouh. Et il vous a attaqué au bout de combien de temps, alors ?
00:15:24Il s'est évadé le 16 septembre et il m'a attaqué le 15 octobre.
00:15:30Donc un mois après.
00:15:31D'accord. C'est-à-dire qu'il a fait... Pendant un mois, en fait, alors qu'il vous harcelait, alors qu'il venait régulièrement vous voir,
00:15:37personne n'a été capable de l'interpeller, personne n'a été capable de l'arrêter ?
00:15:41Personne.
00:15:41Est-ce que quand il vous a attaqué, vous l'avez vu avant l'attaque ou il vous a attaqué par derrière ?
00:15:48Ah non, je l'ai vu avant l'attaque. Il m'attendait près de ma voiture et il a discuté, il parlait.
00:15:56Et puis quand j'ai compris qu'il n'allait pas partir de lui-même, moi j'ai décidé de partir pour prendre les transports en commun.
00:16:01Et c'est à ce moment-là qu'il m'a attaqué, qu'il m'a agressé.
00:16:06Vous avez eu peur avant, quand vous l'avez vu, parce que ça faisait un mois que vous le voyez régulièrement.
00:16:10Quand vous l'avez vu ce jour-là, vous vous êtes dit, ça risque de mal tourner ?
00:16:14Ah oui, oui. Et la première chose qu'il m'a dit quand il m'a vue, c'est n'ai pas peur. Il savait très bien que j'avais peur.
00:16:20Il s'est jeté sur vous par la suite ? Comment ça s'est passé ?
00:16:25Du coup, j'ai tourné dos pour prendre les transports en commun et en marchant, il m'a pris par derrière.
00:16:33Et là, il vous a égorgé ? Il a tenté de vous égorger ?
00:16:35Exactement. Il m'a mis huit coups de couteau.
00:16:38Huit coups de couteau, c'est-à-dire qu'il y a des coups de couteau dans l'abdomen, plus la tentative d'égorgement, c'est ça ?
00:16:42Exactement.
00:16:44C'est un miracle si vous êtes en vie aujourd'hui, si vous pouvez témoigner ?
00:16:48Oui, bien sûr.
00:16:48Vous en voulez à qui ? À lui, bien évidemment, ça c'est une évidence, mais est-ce que vous en voulez à l'État ?
00:16:54Vous en voulez aux services pénitentiaires qui l'ont laissé sortir ?
00:16:58Évidemment, j'en veux à tout le monde. J'en veux aux services pénitentiaires qui n'ont pas fait leur travail, qui est de le surveiller.
00:17:05Je pense que c'est leur première tâche.
00:17:07Et j'en veux aussi à l'État de ne pas avoir pris en compte mes appels à l'aide,
00:17:10mais tous mes appels où j'ai pu leur dire où il était, à quel moment il était, tout de suite,
00:17:16et que personne n'a pu réagir à ce moment-là. Personne n'était au courant de son évasion, apparemment.
00:17:22Il n'y avait pas eu d'informations transmises au commissariat des villes à côté de chez moi.
00:17:28Il n'y avait pas du tout une bonne communication.
00:17:31Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, c'est ce qui fait que l'agression a eu lieu.
00:17:35Vous avez réussi facilement à vous reconstruire par la suite, à refaire votre vie, à vivre sereinement ?
00:17:42Non, je pense qu'on ne se remet jamais de tout ça. C'est compliqué. C'est très difficile.
00:17:47Jusqu'à aujourd'hui, il m'arrive d'avoir peur. On ne parle pas d'un vol de sac à main, on parle d'une tentative d'assassinat.
00:17:55Donc forcément, non, on ne peut jamais se remettre vraiment de tout ça.
00:18:00Quand vous entendez des histoires, alors qui, fort heureusement, sont moins dramatiques,
00:18:04mais des histoires comme celle d'hier, par exemple, où il y a ce détenu qui, à Rennes,
00:18:08on lui fait une sortie dans un musée au Planétarium et il tente de s'évader,
00:18:13vous vous dites que ça peut recommencer pour d'autres à n'importe quel moment ?
00:18:17Tout dépend pourquoi la personne était condamnée à ce moment-là.
00:18:19Moi, je parle vraiment de mon histoire. Je viens pour raconter mon histoire.
00:18:24Après, évidemment, pour mon histoire à moi, ce n'était pas normal qu'il soit en sortie escalade,
00:18:30deux mois après son incarceration.
00:18:33Ça paraît totalement dingue, d'ailleurs. Imaginez ça alors qu'il attaquait des policiers,
00:18:37alors qu'il vous faisait des violences également, et le voir sortir au bout de trois...
00:18:41Condamné à deux ans, et au bout de trois mois, on lui fait faire une sortie escalade.
00:18:45Enfin, moi, j'ai un peu de mal à comprendre tout ça.
00:18:49Aujourd'hui, comment vous allez ?
00:18:52Écoutez, j'essaye d'aller bien.
00:18:54J'essaye d'aller bien. En soi, oui, ça va.
00:18:57Walid a été condamné à 30 ans de prison.
00:19:02Je ne sais pas, maître, vous nous direz, mais je pense que dans 15 ans...
00:19:05Enfin, il va en faire 15, quoi.
00:19:08Non, il y a 20 ans de sûreté.
00:19:09Ah, il y a 20 ans de sûreté, d'accord.
00:19:10Non, au-delà de 10 ans, de toute façon, vous avez une peine de sûreté,
00:19:15qui est de la moitié de la peine.
00:19:16Et ensuite, bon, il va falloir qu'il arrive à essayer de sortir.
00:19:23Ça va être compliqué.
00:19:24Il y avait une altération du discernement également au moment des faits.
00:19:28Donc, on a eu une peine quand même extrêmement lourde, compte tenu du contexte.
00:19:3230 ans de détention pour une tentative de féminicide avec une altération.
00:19:38C'est une très lourde peine.
00:19:39Mais quoi qu'il en soit, le témoignage de Maéva, il est saisissant
00:19:44parce qu'on ne peut que s'interroger sur ces permissions de sortie.
00:19:51Tout simplement, d'abord, on peut imaginer qu'il y a certains Français,
00:19:57comme vous et moi, qui ne peuvent même pas bénéficier de ce type de sortie,
00:20:02d'escalade à Meugev, Planétarium.
00:20:05J'ai vu aussi qu'il y avait eu une évasion récemment d'un détenu
00:20:09qui allait visiter le musée de l'Homme à Paris.
00:20:14Donc, vous voyez, ce n'est pas exceptionnel.
00:20:16Ça arrive fréquemment.
00:20:17Et pourquoi c'est inquiétant ?
00:20:20Parce que, certes, réinsertion, il n'y a pas de problème.
00:20:24On est d'accord, je suis d'accord, tout en étant avocate de victime, bien sûr.
00:20:30Mais encore faut-il que la justice ait les moyens de cette politique de réinsertion.
00:20:36Or, pourquoi, en réalité, vous avez ces évasions ?
00:20:40C'est parce qu'il n'y a pas de personnel suffisant et formé.
00:20:44Donc, ça pose une vraie question.
00:20:46Quand on pense qu'un homme qui a bénéficié d'un stage d'escalade
00:20:50a failli tuer une femme, il faut quand même se poser les bonnes questions
00:20:56et avoir les budgets nécessaires à cette, soi-disant, réinsertion des délinquants et des criminels.
00:21:03Donc, c'est pour ça, aujourd'hui, que je voulais pousser un coup de gueule
00:21:06et faire parler Maéva de son cas.
00:21:09parce qu'il n'est certainement pas le seul
00:21:13et il faut vraiment qu'on prenne conscience du risque qu'on fait prendre à certaines victimes
00:21:23parce que, potentiellement, il peut y avoir aussi d'autres victimes
00:21:27quand on tente de récupérer ces délinquants.
00:21:31Ça peut être en pleine foule, il peut y avoir des balles perdues.
00:21:34Il y a donc forcément des victimes collatérales quand on permet ce type de sortie.
00:21:39Maéva, puisque vous êtes toujours avec nous et je vais vous libérer,
00:21:42encore une fois, merci pour votre témoignage qui est très fort.
00:21:44Mais est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes tranquille, j'ai envie de dire,
00:21:47vous êtes en paix et vous vous dites, bon voilà, avec la condamnation qu'il a eue,
00:21:51je peux avoir une vie tranquille ou malgré tout, quelque part, dans votre tête,
00:21:54il y a toujours cette petite inquiétude ?
00:21:57Non, il y a toujours cette petite inquiétude.
00:21:59Évidemment qu'il est en prison et que c'est censé garantir ma sécurité,
00:22:04mais il a quand même réussi à s'évader une fois.
00:22:05Je me dis que ça peut aussi arriver une deuxième fois.
00:22:10Donc évidemment, je ne serai jamais tranquille.
00:22:13Ça veut dire qu'il y a toujours, quand vous êtes dans la rue,
00:22:16vous faites malgré tout toujours un peu attention et vous vous dites,
00:22:18qu'est-ce qui peut se passer ?
00:22:19Ah oui, bien sûr.
00:22:22Merci Maéva, merci beaucoup pour votre témoignage très fort et très puissant.
00:22:27Merci d'avoir accepté témoigner, bon courage à vous.
00:22:29Et puis bonne reconstruction, parce que c'est quelque chose de long,
00:22:31la reconstruction, et ça continue.
00:22:33Maître Tomazini, est-ce que l'État a une responsabilité dans tout ça ?
00:22:35Oui, bien sûr.
00:22:36Alors, nous avons assigné l'État en responsabilité.
00:22:41Pour l'instant, il y a deux assignations.
00:22:44Une assignation devant le tribunal judiciaire de Paris
00:22:47et une assignation aussi devant le tribunal administratif,
00:22:51s'agissant du manque de surveillance de l'établissement pénitentiaire.
00:22:55Donc on a eu une première décision qui n'était pas favorable.
00:22:59Donc on fait appel.
00:23:02Et de toute façon, on ira jusqu'au bout, jusque devant la CEDH.
00:23:07Mais à un moment donné, il faut vraiment que la France soit condamnée.
00:23:10Je voudrais l'avis du policier, Axel Ronde, quand vous entendez une histoire comme celle-là.
00:23:13Alors que la police a fait ce travail.
00:23:15La police l'a interpellée quand il a attaqué cette jeune femme.
00:23:19Les policiers ont été attaqués.
00:23:21Et quand vous entendez qu'au bout de deux mois de prison,
00:23:24on l'envoie faire à un stage d'escalade.
00:23:26Mais enfin, c'est quoi ce pays ?
00:23:27On marche sur la tête complètement.
00:23:29Donc nous, on a déjà du mal à interpeller les personnes,
00:23:32puisqu'on manque énormément de moyens.
00:23:34Mais en plus, quand on les interpelle, quand ils sont condamnés, jugés,
00:23:37ils ont la possibilité de partir hors des murs.
00:23:40Ça s'appelle comme ça pour pouvoir faire des sorties culturelles.
00:23:44Sorties culturelles qui, quand même, on a appris à Rennes,
00:23:47sont encadrées par trois membres de l'éducation nationale.
00:23:49Que vient de faire l'éducation nationale là-dedans avec un homme qui a 37 ans ?
00:23:54Ils sont six prisonniers, alors même qu'il manque plus de 3 millions d'heures de cours
00:23:58pour les enfants.
00:24:01On a des classes surchargées avec 30 élèves.
00:24:04Et là, vous avez un ratio, trois personnels d'éducation nationale pour six prisonniers.
00:24:09Vous n'avez aucun gardien de prison ?
00:24:11Enfin, on marche sur la tête.
00:24:13Je pense que Gérald Damanin, il doit s'arracher les cheveux
00:24:15quand il découvre tout ça au fil de l'eau.
00:24:18Ce n'est pas possible.
00:24:19Et l'histoire de Maéva où quand même, on lui dit
00:24:21je vais aller aux toilettes et on le laisse partir aux toilettes
00:24:23et il part à pied, c'est ce que vous disiez maître.
00:24:25Mais était-il encadré ?
00:24:26Mais avec qui était-il encadré ?
00:24:27Est-ce que c'était aussi des personnes de l'éducation nationale ?
00:24:29Il y avait très peu de personnes d'encadrement
00:24:32et il y avait effectivement un professeur d'EPS d'éducation physique.
00:24:36Non mais c'est quand même hallucinant.
00:24:38Alors qu'on manque de professeurs en France.
00:24:40Et on va prioriser des délinquants, des prisonniers
00:24:45qui encore seraient pourquoi pas mineurs.
00:24:47On pourrait le comprendre.
00:24:49Mais là, vous avez affaire à des majeurs
00:24:52que viennent faire des personnels de l'éducation nationale.
00:24:56Juste un mot, on va faire le signe aux infos.
00:24:57Mais Maître Slama...
00:24:58Non mais écoutez, c'est terrible comme histoire.
00:25:00Moi je suis plutôt avocat de la Défense en général.
00:25:01Mais évidemment que c'est terrible comme histoire.
00:25:03C'est une chaîne de dysfonctionnement.
00:25:05Bien sûr, il y a le problème de la permission de sortir.
00:25:07Elle vous choque la permission de sortir au bout de deux mois
00:25:10pour aller faire de l'escalade ?
00:25:11Par la victime et par ma consoeur.
00:25:12Je ne crois pas qu'il faille forcément s'en prendre
00:25:15sur le principe aux permissions de sortie.
00:25:17Il y en a beaucoup qui sont très utiles.
00:25:18Mais au bout de deux mois...
00:25:19Mais par contre...
00:25:19Mais attendez, laissez-moi terminer la deuxième partie de la phrase
00:25:21qui est fondamentale.
00:25:22Oui, s'il y a des permissions de sortie,
00:25:24il faut qu'elles soient correctement structurées et encadrées.
00:25:26Et si on n'a pas les moyens, on ne dit pas « bah tant pis ».
00:25:28Si on n'a pas les moyens, on ne les fait pas.
00:25:29Il faut avoir les moyens de sécuriser ces permissions de sortie.
00:25:31Or de toute évidence, ce n'est pas le cas.
00:25:33Et juste pour terminer...
00:25:34Mais juste, vous n'avez pas...
00:25:34Ma question, c'était au bout de deux mois,
00:25:36une permission de sortie pour quelqu'un qui a attaqué des policiers.
00:25:38On lui dit « elle va faire de l'escalade », ça ne vous choque pas ?
00:25:40Écoutez, je ne connais pas le dossier.
00:25:41C'est compliqué de...
00:25:42Là, brûle pour point sur un plateau de télévision,
00:25:44de donner un avis sur un dossier que je ne connais pas.
00:25:45Mais effectivement, je le dis,
00:25:46il y a vraisemblablement un problème avec cette permission de sortie,
00:25:48en tout cas dans son exécution.
00:25:50Et je le dis aussi, la police a fait son travail en amont et en aval,
00:25:52mais un mois et demi pour interpeller.
00:25:54Il y a aussi un dysfonctionnement.
00:25:55Je ne mets pas du tout en cause le travail de la police.
00:25:56Il y a vraisemblablement un problème de moyens.
00:25:58Effectivement, c'est dur de les interpeller.
00:26:00C'est compliqué de réinterpeller une deuxième fois.
00:26:01Mais un mois et demi pour interpeller quelqu'un
00:26:03alors que la victime s'en plaint,
00:26:04le dysfonctionnement, ce n'est pas que l'administration pénitentiaire.
00:26:06C'est aussi au niveau des...
00:26:07Je veux qu'on fasse le sein de nos infos,
00:26:09mais je vous laisse dire un mot parce que je vois que vous réclamez la parole.
00:26:10Non, non, mais parce qu'en fait,
00:26:12je pense que même philosophiquement,
00:26:13on peut se poser la question.
00:26:15Cette sortie pour faire de l'escalade,
00:26:16on parle de réinsertion,
00:26:17il va devenir preuve d'escalade ?
00:26:18Quel rapport avec la réinsertion ?
00:26:20Ceux qui vont au planétarium,
00:26:21celui de Rennes, il va devenir spationaute.
00:26:24Je veux dire, à un moment,
00:26:25les moyens qui sont mis sur ce qu'on appelle la réinsertion,
00:26:28c'est-à-dire un avantage pour des détenus
00:26:29qui ont commis parfois des faits graves
00:26:31et qui sont dangereux sur de la formation.
00:26:33Moi, je préférais qu'on les mette sur la reconstruction,
00:26:35justement, des victimes,
00:26:36qu'eux aient un privilège,
00:26:37c'est-à-dire pour se reconstruire professionnellement,
00:26:41parfois, psychologiquement.
00:26:44Et il y a vraiment, je pense,
00:26:46que la prison est galvaudée.
00:26:47C'est-à-dire que normalement,
00:26:48la prison, c'est la peur de la sanction.
00:26:50Et il faut que la prison serve à punir
00:26:52l'objectif de réinsertion.
00:26:55Vous savez, il y a 479 000 emplois non pourvus
00:26:57dans notre pays.
00:26:58Si ces prisonniers, quand ils sortent ensuite,
00:27:00ils ont envie de se reconstruire,
00:27:02eh bien, qu'ils aillent travailler
00:27:04sur ces emplois non pourvus,
00:27:06qu'ils se reconstruisent par des formations
00:27:07qu'ils vont payer eux-mêmes,
00:27:09mais ce n'est pas aux impôts des victimes
00:27:10de devoir financer, justement, ces prisonniers.
00:27:13Mais quel est le rapport avec la réinsertion ?
00:27:15Bon, bref.
00:27:15Merci, Maître Tomasini.
00:27:16En tout cas, merci beaucoup d'être venu en direct
00:27:18sur ce plateau
00:27:19et d'avoir témoigné.
00:27:20Tout de suite, on fait le CNews Info
00:27:22et ensuite, page spéciale sur Marseille.
00:27:23Le CNews Info, Marc Ossiefer.
00:27:25Bonjour Jean-Marc, bonjour à tous.
00:27:32La présidente du Louvre auditionnait ce matin
00:27:34à l'Assemblée nationale l'occasion pour Laurence Descartes
00:27:37d'annoncer plusieurs mesures de sécurité,
00:27:39parmi elles un poste de police mobile au sein du domaine
00:27:41ou encore une centaine de caméras aux abords du musée
00:27:44d'ici la fin de l'année prochaine.
00:27:47Grave illimité à compter d'aujourd'hui
00:27:48de la police municipale de Corbeil-Essonne.
00:27:51Dans son viseur, notamment, les effectifs
00:27:52qui ont fondu de moitié.
00:27:54Les moyens devenus dérisoires
00:27:55ont encore les horaires jugés inadaptés
00:27:57aux besoins sur le terrain.
00:27:58L'an dernier, un taux record de criminalité
00:28:00avait été enregistré dans la ville
00:28:02avec près de 4000 crimes et délits recensés.
00:28:06Et puis, cette mauvaise nouvelle pour les propriétaires.
00:28:08La taxe foncière augmentera l'an prochain
00:28:10pour 7,4 millions de logements.
00:28:13Le ministère de l'Économie va d'autorité
00:28:14considérer que l'ensemble de ses habitations
00:28:17disposent de tous les éléments dits de confort
00:28:19comme l'eau ou encore l'électricité.
00:28:22La hausse devrait être en moyenne
00:28:23de 63 euros par domicile.
00:28:26Merci beaucoup, Marco.
00:28:27On vous retrouve tout à l'heure, 11h30,
00:28:28pour faire un nouveau point sur l'actualité.
00:28:31Page spéciale sur Marseille.
00:28:32Vous le savez, il se passe beaucoup de choses à Marseille.
00:28:34D'ailleurs, tout à l'heure, vous verrez un document
00:28:36parce qu'Amin Sassi, qui est le frère du jeune homme
00:28:41qui a été tué, était avec nous en 2022
00:28:44dans cette émission.
00:28:46On était allé dans une cité de Marseille.
00:28:47Il avait témoigné.
00:28:48Vous entendrez son témoignage qu'il nous avait livré à l'époque.
00:28:51C'est un vrai document.
00:28:52Mais Marseille, est-elle en train de tomber ?
00:28:55Et qui dirige vraiment Marseille ?
00:28:56C'est la question qu'on va se poser ce matin.
00:28:58Et cette question a été posée chez nos confrères de RTL
00:29:00par Thomas Soto au maire de Marseille, Benoît Payan.
00:29:03Et vous allez voir, ça l'a beaucoup énervé
00:29:04qu'on pose cette question et pourtant, on va la poser.
00:29:08Mais qui tient la ville aujourd'hui ?
00:29:09Moi, je ne comprends pas.
00:29:10J'imagine les Marseillaises ou les Marseillaises...
00:29:12Non, mais je vais aller au bout.
00:29:13J'imagine les Marseillaises et les Marseillais
00:29:14qui sont dans certains quartiers qui ont peur.
00:29:16Si, on peut se poser la question.
00:29:18Oui, vous pouvez, mais de Paris,
00:29:19on peut facilement beaucoup se poser de questions.
00:29:20Ce n'est pas une question de Paris.
00:29:21Non, non, non, pas de ça.
00:29:22Alors, on ne dit pas qui tient la ville.
00:29:24Les choses ne fonctionnent pas comme ça.
00:29:26L'État doit rester l'État.
00:29:29Et je pense que ce qui s'est passé là,
00:29:32à mon avis,
00:29:32est un défi à l'État.
00:29:35Et que l'État doit répondre.
00:29:36Et que quand on prend un coup de la mafia,
00:29:38on doit en rendre dix.
00:29:39Et ça, je n'ai aucun sujet vis-à-vis de ça.
00:29:41Moi, je ne veux pas entendre...
00:29:43Je ne dis pas que vous avez eu ce discours-là.
00:29:45Mais il y a des discours défaitistes
00:29:46qui disent que la ville est tenue
00:29:49par les narcotrafiquants.
00:29:51L'État a perdu.
00:29:53Ce n'est pas la réalité aujourd'hui ?
00:29:54Non, je ne veux pas entendre ça.
00:29:56Je pense qu'il n'y a pas assez de moyens.
00:29:59Voilà, Marseille est-elle en train de tomber ?
00:30:00Il ne veut pas entendre ça.
00:30:01Et qui détient Marseille ?
00:30:02Il ne veut pas en parler.
00:30:03Thomas Bonnet, bonjour.
00:30:04Bonjour.
00:30:04Merci de nous avoir rejoints.
00:30:06Qui tient Marseille ?
00:30:07C'est une vaste question.
00:30:09Je pense que vous êtes peut-être mieux placé que moi
00:30:10pour le savoir, d'ailleurs.
00:30:11Alors, moi, je vais vous répondre,
00:30:12si vous voulez, puisque vous m'interrogez.
00:30:13Moi, je vais vous dire,
00:30:14pour moi, Marseille est tenue
00:30:15par ces narcotrafiques,
00:30:18mais pas la ville, en fait.
00:30:19Certaines cités sont tenues.
00:30:20Marseille, fort heureusement,
00:30:21à mon sens, n'est pas encore tenue
00:30:22par ces narcotrafiquants,
00:30:24mais je pense que certaines cités
00:30:25le sont clairement.
00:30:26Mais ce que je constate quand même
00:30:27dans la réponse de Bono Payan,
00:30:28c'est qu'à chaque fois,
00:30:29on se renvoie à la balle.
00:30:30C'est-à-dire que les maires
00:30:30renvoient la faute à l'État.
00:30:32L'État, quand ils font le plan
00:30:33Marseille-en-Grant,
00:30:33ils disent, bon, en fait,
00:30:34l'argent qu'on a débloqué,
00:30:35il n'arrive pas là où il doit aller
00:30:36parce que les autorités locales
00:30:38ne mettent pas les moyens qu'il faut.
00:30:39En fait, tout le monde se renvoie
00:30:40un peu la responsabilité.
00:30:41C'est très français, d'ailleurs.
00:30:42C'est un peu dans tous les dossiers.
00:30:43Personne ne veut assumer
00:30:44les responsabilités.
00:30:45Toujours est-il que Marseille
00:30:46était censé être le laboratoire
00:30:48d'Emmanuel Macron.
00:30:49Il avait voulu faire de Marseille
00:30:50un peu, voilà, à petite échelle
00:30:52ce qu'il voulait pour le reste de la France.
00:30:54Il allait 15 fois.
00:30:55Il a fait le plan Marseille-en-Grant,
00:30:56je le disais.
00:30:56C'était sa priorité, Marseille.
00:30:57C'était sa priorité.
00:30:58Il est allé, rappelez-vous,
00:30:59trois heures de suite, etc.
00:31:00Pour quel résultat ?
00:31:01David Zewaith,
00:31:03c'est un des échecs d'Emmanuel Macron ?
00:31:05Je veux dire un des échecs.
00:31:06Oui, un des nombreux échecs,
00:31:07mais un pour le coup
00:31:08qui illustre bien
00:31:08tout le reste de sa politique.
00:31:10C'est-à-dire que c'est effectivement
00:31:12une ville qui a été laissée
00:31:13au narcotrafic.
00:31:15Mais c'est ancien,
00:31:16rappelez-vous,
00:31:18dans les années 60, 70,
00:31:20la French Connection
00:31:21qui tenait la ville.
00:31:22Aujourd'hui,
00:31:23elle tient forcément des cités.
00:31:24En tout cas,
00:31:25la DZ Mafia et d'autres
00:31:26tiennent les cités,
00:31:27tiennent les voies des cités.
00:31:29Et finalement,
00:31:29ça pèse sur un plan électoral.
00:31:31Et on a un maire
00:31:32qui n'est pas du tout à la hauteur.
00:31:33Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
00:31:34vous avez dans tous les sondages
00:31:36entre Franck Alizio
00:31:37et Martine Vassal
00:31:38une volonté de tourner la page
00:31:41de M. Payan
00:31:42qui a largement échoué.
00:31:43Martin Garagnon,
00:31:45est-ce que c'est un des échecs
00:31:46d'Emmanuel Macron,
00:31:47ce qui se passe à Marseille ?
00:31:48Moi, je veux bien
00:31:48qu'on personnalise le débat
00:31:50contre Emmanuel Macron
00:31:51et qu'on fasse du Macron bashing.
00:31:51C'est lui qui l'a personnalisé
00:31:52en allant beaucoup à Marseille
00:31:53et en disant
00:31:54c'est ma priorité.
00:31:55Le Macron bashing
00:31:56est une mode
00:31:57depuis maintenant quelques temps.
00:31:58Je trouverais ça dommage
00:31:59qu'on bascule
00:32:00de ce côté-là du débat
00:32:01alors qu'il y a un vrai sujet
00:32:02qu'on passe un peu vite
00:32:03effectivement sur la responsabilité
00:32:04du maire.
00:32:05Sinon, considérons que les maires
00:32:06ne vont pas en voir
00:32:06et qu'il n'y a même pas besoin de maire.
00:32:08Non, non, on peut s'y arrêter.
00:32:09D'ailleurs, j'ai commencé
00:32:10avec l'extrait de Benoît Payan.
00:32:11Parce que quand on voit
00:32:12l'intervention de Benoît Payan
00:32:14chez votre confrère Thomas Soto,
00:32:16on se dit qu'il y a quand même
00:32:16un véritable sujet
00:32:17pour qu'il évacue à ce point
00:32:18et qu'on sent quand même
00:32:19la crispation,
00:32:20l'énervement à fleur de peau
00:32:21parce qu'on le met devant
00:32:23la réalité de sa ville
00:32:25qui est malheureuse.
00:32:26Moi, je partage votre analyse.
00:32:27C'est une ville
00:32:27que je connais un petit peu.
00:32:28La ville n'est pas encore tombée.
00:32:30Pas encore.
00:32:31Mais effectivement,
00:32:31il y a des quartiers entiers
00:32:32qui sont complètement gangrénés.
00:32:34Vous avez des confrères
00:32:35journalistes de la presse écrite
00:32:36qui alertent d'ailleurs
00:32:37depuis quelques temps
00:32:38avec des enquêtes très fouillées
00:32:39sur un double entrisme
00:32:41lors des prochaines municipales
00:32:42le mois de mars.
00:32:42L'entrisme islamiste
00:32:44et l'entrisme des narco-trafficants.
00:32:46Les deux étant parfois liés.
00:32:47Les deux étant liés.
00:32:48Le gang terroriste.
00:32:49Vous avez au Sénat
00:32:51une sénatrice,
00:32:52Madame Goulet,
00:32:53qui écrit aussi
00:32:54sur les modalités
00:32:54de financement du terrorisme
00:32:55et du narcotrafic
00:32:56et qui montre des liens
00:32:57qui sont parfois évidents.
00:32:59Donc, il y a un vrai sujet
00:32:59par rapport à ça.
00:33:00Il y a un vrai risque
00:33:01aux prochaines municipales
00:33:02de voir cette montée
00:33:03en puissance d'un entrisme
00:33:04sur un modèle
00:33:05qu'on connaît en Europe.
00:33:06On n'a même pas besoin
00:33:06de parler de mexicanisation
00:33:07et de partir à l'autre bout
00:33:08de la planète.
00:33:09Vous prenez des pays
00:33:11comme les Pays-Bas
00:33:11ou la Belgique.
00:33:12Vous avez très concrètement
00:33:13des municipalités
00:33:14qui maintenant sont tenues
00:33:17directement ou indirectement
00:33:18par des réseaux islamistes
00:33:20ou des réseaux de narco-trafficants.
00:33:21Je comprends Martin Garneau
00:33:23que vous voulez évacuer
00:33:24toute responsabilité
00:33:25d'Emmanuel Macron.
00:33:27Non, mais c'est lui
00:33:28qui l'a pris la responsabilité.
00:33:29C'est-à-dire que c'est lui
00:33:30qui a dit
00:33:31vous allez voir Marseille
00:33:32ça va être l'exemple.
00:33:33Mais si Marseille
00:33:34c'est l'exemple
00:33:34ça veut dire que
00:33:35c'est un naufrage partout.
00:33:36Parce que Marseille
00:33:37ça ne marche pas.
00:33:38Tout ce qu'a mis en place
00:33:39Emmanuel Macron
00:33:39ça ne marche pas.
00:33:40Il a développé
00:33:41beaucoup d'argent.
00:33:41Moi je me souviens
00:33:42de sa conférence
00:33:42il était allé au Faro
00:33:43il y avait Marseille derrière
00:33:44c'était magnifique.
00:33:45Il avait fait un très beau discours.
00:33:47Le résultat aujourd'hui
00:33:48regardez-le
00:33:49c'est un naufrage.
00:33:50Moi je n'ai aucun problème
00:33:51à regarder la réalité en face
00:33:53et à admettre
00:33:53tous les échecs que vous voulez
00:33:55et je suis d'accord.
00:33:55Et ça vous l'admettez celui-là ?
00:33:56Evidemment.
00:33:57C'est un échec
00:33:58pour Emmanuel Macron ?
00:33:58C'est un échec
00:33:59d'Emmanuel Macron
00:34:00dans la mesure où
00:34:01il avait fait de ce combat
00:34:02une priorité personnelle.
00:34:03C'est bien de le reconnaître
00:34:04c'est assez rare
00:34:04pour être souligné.
00:34:06Non mais très bien.
00:34:06Moi je suis
00:34:06vous connaissez ma fidélité
00:34:09ma loyauté
00:34:09du président de la République
00:34:11on peut aussi reconnaître
00:34:12quand on s'est prêt
00:34:13c'est pas un manque de volonté
00:34:14et une fois de plus
00:34:15la question à mon sens
00:34:16elle ne se résume pas
00:34:17à une question de moyens.
00:34:19C'est pas uniquement
00:34:19mettre plus d'argent
00:34:20et plus d'argent
00:34:21il y a bien autre chose
00:34:22qu'il faut aussi
00:34:22qu'on évoque uniquement
00:34:23et pas uniquement
00:34:24parler d'argent.
00:34:25Alexandre Rucolique ?
00:34:26Oui non mais après
00:34:27là on parle évidemment
00:34:27de Marseille
00:34:28parce que c'est une ville
00:34:29symbole et c'est là
00:34:29où il y a le plus
00:34:30justement de morts
00:34:32liées au narcotrafic.
00:34:34On a d'ailleurs
00:34:34vraiment l'impression
00:34:34qu'on ne tient plus du tout
00:34:36la ville parce que
00:34:37je crois que l'année dernière
00:34:38Certaines cités
00:34:38il ne faut pas exagérer
00:34:39non plus.
00:34:40Certaines cités
00:34:40non mais certaines cités
00:34:41où ils dominent vraiment
00:34:42avec d'ailleurs
00:34:43on avait vu que là
00:34:44en 2024
00:34:45il y avait un peu
00:34:46moins de morts
00:34:46mais parce qu'il y avait
00:34:47eu une trêve
00:34:48entre Yoda
00:34:49et la DZ Mafia
00:34:50c'est-à-dire que
00:34:51c'est eux qui permettent
00:34:52qu'il y ait moins de morts
00:34:53et puis quand ils décident
00:34:53de se refaire la guerre
00:34:54ça repart.
00:34:55L'impression que l'État
00:34:56il est totalement absent
00:34:57justement de ça
00:34:58et il n'a pas
00:34:59aujourd'hui d'emprise
00:35:00sur ces quartiers-là.
00:35:03Évidemment
00:35:03il y a de multiples
00:35:04responsabilités
00:35:05je pense d'ailleurs
00:35:06que quand on sait
00:35:07que 80% du cannabis
00:35:08vient du Maroc
00:35:09ça ne peut pas se cacher
00:35:10je veux dire
00:35:11ça doit être sur des étendues
00:35:12et des étendues de champ
00:35:13et bien à un moment
00:35:15il va falloir qu'on intervienne
00:35:16et qu'on mette la pression
00:35:16sur le Maroc
00:35:17non mais qu'on mette la pression
00:35:18sur l'État marocain
00:35:19on est très proche
00:35:20de l'État marocain
00:35:20à un moment
00:35:21on ne peut pas accepter ça
00:35:22on ne peut pas accepter
00:35:23justement que tout ce cannabis
00:35:24provient de là-bas
00:35:25sans mettre plus la pression
00:35:26et qu'on leur fournisse
00:35:27des drones
00:35:28on va les repérer
00:35:28on va arrêter
00:35:29ceux qui produisent du cannabis
00:35:30mais ici ensuite
00:35:31je parlais de drones
00:35:32je peux parler de moyens
00:35:34qu'il va falloir
00:35:35aujourd'hui mettre en place
00:35:36il va falloir mener
00:35:37c'est facile de le dire
00:35:38comme à l'époque Sarkozy
00:35:39on va se débarrasser
00:35:40on va passer le Karcher
00:35:42Darmanin qui disait
00:35:43je vais combattre
00:35:44le trafic de drogue
00:35:46il n'y aura plus aucun point de deal
00:35:47il le combat quand même
00:35:48il le combat quand même
00:35:50tout ça c'est des mots
00:35:50on voit qu'aujourd'hui
00:35:51il n'y a jamais eu autant
00:35:52de trafic de drogue
00:35:53dans le pays
00:35:54il n'y a jamais eu autant
00:35:54de pression
00:35:55vous vous rendez compte
00:35:55que quand on tue un frère
00:35:57d'un politique
00:35:58mais la pression
00:35:59que ça peut mettre
00:35:59quand ils vont voir
00:36:01demain un journaliste
00:36:02quand ils vont voir
00:36:02demain un juge
00:36:03mais c'est ce qui se passe
00:36:04aux Pays-Bas
00:36:04après ça fait des années
00:36:06que ça dure
00:36:07le juge Michel
00:36:07c'est pas d'aujourd'hui
00:36:09ouais enfin c'était
00:36:10aujourd'hui
00:36:10non mais cette pression
00:36:12il y avait des grands groupes
00:36:13effectivement
00:36:14surtout le trafic de cocaïne
00:36:16à l'époque
00:36:17l'héroïne
00:36:17on le sait
00:36:18mais qui étaient
00:36:19avec la pression
00:36:20parfois effectivement
00:36:21sur certains politiques
00:36:23ou autres
00:36:23mais ils ne tenaient pas
00:36:24des quartiers
00:36:25comme ça peut être le cas
00:36:26là on a vraiment
00:36:27le sentiment
00:36:27qu'il va falloir
00:36:29évidemment changer
00:36:30la vision
00:36:32pour les gamins aussi
00:36:33qui rentrent très vite
00:36:34dans le trafic de drogue
00:36:35parce qu'aujourd'hui
00:36:35c'est une source d'argent
00:36:36la principale menace
00:36:37aujourd'hui
00:36:38pour les délinquants
00:36:39dans les quartiers
00:36:40c'est de se faire buter
00:36:41par d'autres délinquants
00:36:42dans un instant
00:36:43on ira Marseille
00:36:44on va écouter
00:36:44les gens de Marseille
00:36:45en direct
00:36:46qui vont témoigner
00:36:47dans cette page spéciale
00:36:48dans cette édition spéciale
00:36:49Axel Ronde
00:36:49pour répondre
00:36:50à la question claire
00:36:51qu'on pose là sur l'écran
00:36:51est-ce que Marseille
00:36:52est en train de tomber ?
00:36:54en tous les cas
00:36:54ça fait quelques années
00:36:55qu'on sait très bien
00:36:56qu'il y a des graves
00:36:57dysfonctionnements
00:36:58difficultés
00:36:59parce qu'il manque
00:37:00énormément
00:37:00d'agents de police
00:37:02on n'arrête pas
00:37:03d'alerter
00:37:04sur le manque d'effectifs
00:37:05à Marseille
00:37:06qui chaque année
00:37:08voit son taux diminuer
00:37:10parce que les collègues
00:37:11partent en retraite
00:37:12et ne sont pas forcément
00:37:13remplacés
00:37:14c'est un grave problème
00:37:16et c'est pas qu'à Marseille
00:37:17c'est surtout
00:37:18le territoire national
00:37:19mais juste excusez-moi
00:37:20pour répondre
00:37:21à ma question précise
00:37:21est-ce que Marseille
00:37:22est en train de tomber ?
00:37:23c'est pas la même chose
00:37:24parce que si Marseille tombe
00:37:25ça veut dire
00:37:26ça va être un effet domino
00:37:27vous savez
00:37:28si vous avez moins
00:37:29de policiers
00:37:30sur la voie publique
00:37:30forcément
00:37:31c'est les délinquants
00:37:32et on voit bien
00:37:33c'est la mafia
00:37:34qui s'installe
00:37:34qui prend notre place
00:37:35au final
00:37:36qui continue
00:37:37on va dire
00:37:38un petit peu
00:37:38un rôle social
00:37:39ils sont carrément
00:37:40en train de donner
00:37:41de l'argent
00:37:41à des petits gamins
00:37:42de cité
00:37:43ou pour donner
00:37:45des fournitures scolaires
00:37:46ils remplacent
00:37:47si vous voulez
00:37:47carrément
00:37:48quelquefois
00:37:49l'Etat
00:37:50et donc quand vous n'avez
00:37:50plus de service public
00:37:51dans certaines zones
00:37:53quand vous n'avez
00:37:53que le commissariat
00:37:54qui est ouvert 24h sur 24
00:37:55et qui le soir
00:37:56est obligé
00:37:57de se retrancher
00:37:58parce qu'on est attaqué
00:37:59on est visé
00:38:00par des mortiers d'artifice
00:38:01par des cocktails
00:38:02des véhicules de police
00:38:04sont brûlés
00:38:05et que vous n'avez
00:38:06pas assez de moyens
00:38:07pour pouvoir ramener l'ordre
00:38:09au bout d'un moment
00:38:10ça va glisser
00:38:11oui forcément
00:38:12vous savez
00:38:12il y a à peu près
00:38:1334% d'actes d'intimidation
00:38:15en plus en France
00:38:16ça veut dire que
00:38:17depuis les 9 premiers mois
00:38:19de l'année
00:38:20ça veut dire
00:38:21que vous avez
00:38:21des individus
00:38:22qui n'ont absolument
00:38:24plus peur de rien
00:38:25et qui vont montrer
00:38:25qu'ils sont présents
00:38:27qui c'est chez eux
00:38:28c'est sur tout
00:38:29le territoire national
00:38:29vous avez cette mafia
00:38:31qui s'installe
00:38:31il n'y a pas que
00:38:32la DZ mafia
00:38:33il y a énormément
00:38:34de mafias
00:38:35qui sont en train
00:38:35de s'agglomérer
00:38:37peut-être même ensemble
00:38:38pour pouvoir
00:38:38se partager
00:38:40le juteux
00:38:41trafic de drogue
00:38:42qui rapporte
00:38:43au bas mot
00:38:437 milliards d'euros
00:38:44alors ils essaient
00:38:45de faire régner la terreur
00:38:46mais il y en a
00:38:47qui se lèvent
00:38:47qui essaient de dire non
00:38:49c'est le cas
00:38:51d'Amine Kessassi
00:38:51on va en parler
00:38:52dans un instant
00:38:52et puis c'est le cas
00:38:53de certains marseillais
00:38:53on est en direct
00:38:54avec Amel
00:38:55qui est restauratrice
00:38:57Amel merci beaucoup
00:38:57d'être en direct
00:38:59avec nous
00:38:59c'est vrai que vous faites
00:39:01partie de ces marseillais
00:39:02qui n'ont pas envie
00:39:03de laisser tomber
00:39:04leur ville
00:39:05aux mains des narcotrafiquants
00:39:07aux mains de la drogue
00:39:08aux mains de la violence
00:39:09exactement
00:39:11comment vous vous battez
00:39:13contre ça
00:39:14qu'est-ce que vous avez
00:39:15envie de dire
00:39:15parce que vous avez envie
00:39:16de vous adresser
00:39:17aux politiques également
00:39:18exactement
00:39:20je voudrais
00:39:21qu'ici à Marseille
00:39:22tous les politiques
00:39:23puissent s'unir
00:39:24enfin
00:39:25pour combattre
00:39:26cette violence
00:39:29qui est en train
00:39:29de se banaliser
00:39:30et s'intensifier
00:39:31énormément
00:39:33dans notre ville
00:39:34et s'unir
00:39:35s'unir
00:39:35comment vous voudriez
00:39:36une unité nationale
00:39:37il y a quelques jours
00:39:38comment
00:39:39vous voudriez
00:39:39une unité nationale
00:39:40en fait
00:39:41oui oui oui
00:39:42je voudrais que
00:39:44que la droite
00:39:46la gauche
00:39:46le rassemblement national
00:39:49et même la France
00:39:50insoumise
00:39:50soit unie
00:39:52soit unie
00:39:52à travers
00:39:53cette thématique
00:39:56qui concerne
00:39:57finalement
00:39:58tout le monde
00:39:58mais vous-même
00:39:59vous êtes à Marseille
00:40:00depuis combien de temps
00:40:01vous avez toujours vécu
00:40:01à Marseille
00:40:02je suis née à Marseille
00:40:04vous êtes née à Marseille
00:40:05vous l'avez vu changer
00:40:06la ville
00:40:06vous l'avez vu évoluer
00:40:08je l'ai vu
00:40:10se catastropher
00:40:12ma ville
00:40:13ma ville
00:40:14c'est une insécurité
00:40:18qu'il y a
00:40:18dans tous les quartiers
00:40:20hier il y a eu un drame
00:40:22dans le 13ème arrondissement
00:40:24dans un noyau villageois
00:40:26donc le chemin des olives
00:40:28et ça commence
00:40:30on a en fait des drames
00:40:32des assassinats
00:40:34des fusillades
00:40:35qui sont maintenant
00:40:37de partout
00:40:37dans toute la ville
00:40:39que ça soit
00:40:39le centre-ville
00:40:41les quartiers
00:40:42comme celui d'hier
00:40:43où il n'y a jamais eu
00:40:45forcément de drame
00:40:46c'est toute la ville
00:40:48qui est en train
00:40:49de sombrer
00:40:50Marseille est en train
00:40:52de sombrer
00:40:53mais c'est terrible
00:40:54c'est terrible de dire ça
00:40:55d'entendre ça
00:40:56parce qu'on a l'impression
00:40:56qu'il n'y a pas grand chose
00:40:57qui peut lutter contre ça
00:40:59Marseille est en train
00:40:59de sombrer
00:41:00vous nous dites
00:41:01la faute à qui pour vous ?
00:41:08je pense
00:41:09c'est une question
00:41:14compliquée
00:41:15je pense
00:41:19qu'on n'a pas
00:41:19assez
00:41:20on n'a pas assez
00:41:23regardé
00:41:24les quartiers
00:41:25populaires
00:41:25et en l'occurrence
00:41:26les quartiers
00:41:27nord de Marseille
00:41:28mais pourtant
00:41:30on a investi
00:41:31des millions d'euros
00:41:32dans ces quartiers
00:41:32ils ont des bus
00:41:34pour aller à la plage
00:41:35l'été
00:41:35ils ont des moyens
00:41:36on a mis
00:41:37on a essayé
00:41:38de mettre de la vie
00:41:38dans ces quartiers
00:41:39et on a fait beaucoup
00:41:41pour ces quartiers
00:41:42oui
00:41:45donc la métropole
00:41:47fait énormément
00:41:48de choses
00:41:48donc la métropole
00:41:50qui est dirigée
00:41:51par notre présidente
00:41:53madame Vassal
00:41:54je ne veux pas
00:41:55que ça soit
00:41:55voilà
00:41:56je ne veux pas
00:41:57qu'on dise
00:41:57qu'il y ait
00:41:58une récupération
00:41:59politique
00:42:00mais il faut savoir
00:42:01que ces quartiers
00:42:02populaires
00:42:03ont toujours
00:42:04été gérés
00:42:05par la gauche
00:42:06voilà
00:42:07et donc
00:42:08visiblement
00:42:10cette gauche
00:42:11n'a pas fait
00:42:12grand chose
00:42:13merci beaucoup
00:42:14Amel
00:42:15merci et bon courage
00:42:16à vous
00:42:17à Marseille
00:42:18bien évidemment
00:42:18on sera avec
00:42:19d'autres Marseillais
00:42:19dans un instant
00:42:20d'Ilan Slama
00:42:21vous entendez
00:42:22ce discours
00:42:22en fait
00:42:23en fait
00:42:23c'est très pessimiste
00:42:24honnêtement
00:42:25quand on entend
00:42:26les politiques
00:42:26ils sont pessimistes
00:42:27quand on entend
00:42:28les policiers
00:42:28on l'a entendu
00:42:30avec Axel Ronde
00:42:30il est pessimiste
00:42:32malgré tout
00:42:32quand on entend
00:42:33les Marseillais
00:42:34vous vous rendez compte
00:42:35elle nous explique
00:42:36que ça se dégrade
00:42:37de jour en jour
00:42:37non seulement
00:42:38il y a beaucoup de raisons
00:42:38d'être pessimiste
00:42:39mais moi ce qui me désole
00:42:40lorsque j'entends le débat
00:42:41et ce qui est dit
00:42:41depuis tout à l'heure
00:42:42c'est qu'en vérité
00:42:42je pense qu'on aurait pu tenir
00:42:43à peu près les mêmes propos
00:42:44il y a 10 ans
00:42:45vous voyez
00:42:45je me rappelle
00:42:46quand Bacchner est sorti
00:42:47par exemple
00:42:47mais en vérité
00:42:48il y a 10 ans
00:42:48on aurait pu tenir
00:42:49les mêmes propos
00:42:49alors est-ce qu'il y a une gradation
00:42:50est-ce que la chute
00:42:51est de pire en pire
00:42:51est-ce que c'est une chute
00:42:53qui n'en finit pas
00:42:53est-ce que Marseille
00:42:54n'en finit pas de tomber
00:43:06difficile
00:43:06moi je ne pense pas
00:43:07que c'est une question de volonté
00:43:07je pense qu'il y a une volonté
00:43:08je n'ai pas de solution magique
00:43:10il y a une volonté
00:43:11alors s'il y a une volonté
00:43:13j'ai envie de dire
00:43:13c'est plus grave
00:43:13parce que s'il y a une volonté
00:43:15et qu'on n'y arrive pas
00:43:16ça veut dire qu'on est impuissant
00:43:16moi je pense qu'il y a une volonté
00:43:18qu'effectivement on n'y arrive pas
00:43:19et qu'effectivement
00:43:19il y a une forme d'impuissance
00:43:20je n'ai pas de solution magique
00:43:21je pense juste
00:43:22à mon humble niveau
00:43:24qu'on entend beaucoup
00:43:24le ministère de l'Intérieur
00:43:26et c'est très bien
00:43:26on entend beaucoup
00:43:27le ministre de la Justice
00:43:28et c'est très bien
00:43:28il y a un ministre
00:43:29qu'on n'entend jamais
00:43:30sur toutes ces questions
00:43:31et je pense qu'on devrait
00:43:31l'entendre beaucoup plus
00:43:32c'est le ministre de la Santé
00:43:33parce que les problèmes
00:43:35de stupéfiance
00:43:35c'est aussi une question
00:43:36de santé publique
00:43:37le bout du bout
00:43:38le bout du bout
00:43:39c'est effectivement
00:43:40les règlements de compte
00:43:40qui sont un désastre total
00:43:41évidemment
00:43:42mais le bout du bout
00:43:43c'est aussi pourquoi
00:43:43la drogue est interdite
00:43:44c'est parce que c'est un problème
00:43:45de santé publique
00:43:45qu'il y a des dizaines
00:43:46peut-être des milliers de personnes
00:43:47qui en meurent très régulièrement
00:43:49il y a des overdoses
00:43:50il y a des accidents de la route
00:43:51mais non mais si vous voulez
00:43:52l'alcool c'est pas bien non plus
00:43:56fumé c'est pas bien non plus
00:43:57mais non mais je sais bien
00:43:58d'accord
00:43:59d'accord
00:43:59mais bon
00:44:00moi je trouve
00:44:00que le ministre de la Santé
00:44:02je ne comprends pas
00:44:02qu'on ne l'entende pas
00:44:03sur les séquences
00:44:03c'est fondamental
00:44:04on a beaucoup parlé
00:44:05de santé publique
00:44:06au moment où il y a l'affaire Palmade
00:44:07je trouvais ça très bien
00:44:07et dès que ça a été terminé
00:44:08on a arrêté d'en parler
00:44:09on a revu ça
00:44:10sous l'angle strictement sécuritaire
00:44:11c'est important de sécuriser
00:44:12je pense que c'est pas ce ministre
00:44:14je pense que c'est pas ce ministre
00:44:16qu'on entend pas assez
00:44:17je pense que c'est le ministre
00:44:18de l'éducation
00:44:19parce que je pense que ça passe
00:44:20par l'éducation avant tout tout ça
00:44:22c'est l'éducation de ces gamins
00:44:23il faut leur apprendre
00:44:25ce que c'est le travail
00:44:26ce que c'est la France
00:44:27ce que c'est de vivre ensemble
00:44:29c'est tout ça
00:44:29à mon avis c'est même plus important
00:44:31que le ministre de la Santé
00:44:32j'ai dit il y a quelques voix
00:44:33qui s'élèvent
00:44:33et c'est le cas d'Amin Kessassi
00:44:35c'est son frère
00:44:35qui a été tué
00:44:37et hélas
00:44:38on va regarder justement
00:44:41ce qui s'est passé aujourd'hui
00:44:43puisqu'il a parlé
00:44:44chez nos confrères du monde
00:44:45il a fait une tribune
00:44:45écoutez ce qu'il dit
00:44:46il dit tout simplement
00:44:47je ne me tairai jamais
00:44:48c'était le 13 novembre dernier
00:44:51Mehdi Kessassi
00:44:53frère du militant antidrogue
00:44:55Amin Kessassi
00:44:56est assassiné en pleine rue
00:44:58hier
00:44:58ses obsèques ont eu lieu
00:45:00sous haute protection policière
00:45:02Amin Kessassi
00:45:03a décidé de sortir du silence
00:45:05parce que sa mort
00:45:07ne doit pas être recouverte
00:45:08par les sables
00:45:08de l'indifférence et de l'oubli
00:45:10mille fois j'écrirai son nom
00:45:11et je ferai face à ces assassins
00:45:13je serai le gardien de sa mémoire
00:45:15non je ne me tairai pas
00:45:17dans sa tribune
00:45:18Amin Kessassi affiche son courage
00:45:20face aux menaces
00:45:21qui pèsent sur lui
00:45:22et sa famille
00:45:23on me parle de crime d'avertissement
00:45:25mais un crime
00:45:26n'est jamais un avertissement
00:45:27le sang versé
00:45:28l'est pour toujours
00:45:29et a plongé ma famille
00:45:30dans l'infini de la mort
00:45:31on nous frappe
00:45:32pour nous briser
00:45:33pour nous domestiquer
00:45:35pour nous asservir
00:45:36après une réunion
00:45:37au sommet
00:45:38sur le narco-banditisme
00:45:39qui s'est tenu
00:45:40ce mardi à l'Elysée
00:45:41le militant engagé
00:45:43contre le trafic de drogue
00:45:44somme l'état de réagir
00:45:46je dirais les carences de l'état
00:45:47les failles de la république
00:45:49les territoires abandonnés
00:45:50les populations oblitérées
00:45:51face à un tel ennemi
00:45:53l'état doit prendre la mesure
00:45:54de ce qu'il se passe
00:45:55et comprendre
00:45:56qu'une lutte à mort
00:45:57est engagée
00:45:58un dernier hommage
00:45:59sera rendu
00:46:00à Médic et Sassi
00:46:01ce week-end
00:46:02avec une marche blanche
00:46:03alors justement
00:46:05je voudrais vous diffuser
00:46:06un document
00:46:07c'est à dire qu'en 2022
00:46:08avec Mandini Live
00:46:09on était allé à Marseille
00:46:10on était allé dans la cité Caliste
00:46:11en direct
00:46:12avec toutes les équipes
00:46:13de l'émission
00:46:14c'était une émission très agitée
00:46:15à ce moment-là
00:46:16parce que c'était une cité
00:46:17qui était gangrénée par la drogue
00:46:19on était rentré dans les immeubles
00:46:20on avait beaucoup bougé
00:46:21et justement
00:46:22Amin Kessassi
00:46:23était là
00:46:24lors de cette émission
00:46:25il avait pris la parole
00:46:26et il s'en était pris
00:46:27finalement aux autorités
00:46:28au gouvernement
00:46:28en disant
00:46:28vous nous promettez de l'argent
00:46:30mais l'argent n'envoie pas la couleur
00:46:31l'argent n'arrive pas non plus
00:46:32alors c'est bien beau
00:46:33vos discours à Paris
00:46:34c'est bien beau
00:46:35de faire des grands discours
00:46:36donc il était très courageux déjà
00:46:37il était face à Samyé Ghali
00:46:39qui est maire adjointe à Marseille
00:46:41vous allez voir cet échange
00:46:42c'était à l'époque
00:46:43c'était en direct
00:46:44c'était en 2022
00:46:44regardez
00:46:45Amin Kessassi
00:46:47qui s'occupe
00:46:48de l'association Conscience
00:46:50Amin
00:46:51attendez
00:46:52c'est bien que tout le monde s'exprime
00:46:54quand vous voyez Amin
00:46:55attendez
00:46:56quand vous voyez
00:46:57la situation
00:46:59quand vous voyez ce qu'on vit
00:47:00elle a été reçue
00:47:01comment vous réagissez
00:47:02à ce qui se passe là aujourd'hui
00:47:03bon moi aujourd'hui
00:47:04je suis un peu triste
00:47:05des échanges qu'il y a
00:47:05puisque personne ne s'écoute
00:47:07malheureusement
00:47:07mais ça traduit justement
00:47:09la colère de ces personnes
00:47:10ça traduit la souffrance
00:47:11de ces dames
00:47:12ça traduit la souffrance
00:47:13de toutes ces personnes
00:47:14qui pendant des années
00:47:15ont été abandonnées
00:47:16pendant 25 ans
00:47:17on ne les a pas considérées
00:47:18ces personnes
00:47:18pendant 25 ans
00:47:19il n'y a personne
00:47:20qui est venue ici
00:47:20pour leur dire
00:47:21bon ben votre situation
00:47:22est importante
00:47:23lui d'où il sort
00:47:24lui il est venu
00:47:25moi je suis aujourd'hui
00:47:26ça fait 5 semaines
00:47:27que je viens ici
00:47:28ça fait 5 semaines
00:47:29que je viens ici
00:47:30que j'essaye de trouver
00:47:31des solutions avec tout le monde
00:47:32et que j'essaye de construire
00:47:33une association pour tout le monde
00:47:34et c'est ça notre problème
00:47:35c'est ça
00:47:36vous avez des solutions ?
00:47:37vous avez des idées ?
00:47:38les solutions
00:47:38personne ne peut trouver des solutions
00:47:40comme ça
00:47:40ça n'existe pas
00:47:41les solutions comment on les trouve ?
00:47:42on va concerter
00:47:43les bailleurs sociaux
00:47:44on va concerter
00:47:44les élus locaux
00:47:45mais moi ce que je dénonce
00:47:46aujourd'hui
00:47:47c'est qu'à Paris
00:47:48non mais
00:47:48moi ce que je dénonce
00:47:50aujourd'hui
00:47:50c'est qu'ils aient attendu
00:47:52qu'il y ait toute cette médiatisation
00:47:53pour envoyer l'argent de Paris
00:47:55c'est Paris qui a attendu
00:47:56tout ce temps
00:47:57pour envoyer l'argent
00:47:58du programme en rue
00:47:58pour qu'on puisse rénover aujourd'hui
00:48:00c'est Paris qui a attendu
00:48:02tout ce temps
00:48:02pour envoyer l'argent
00:48:03et ils envoient l'argent aujourd'hui ?
00:48:04j'en connais
00:48:04moi j'aurai un César
00:48:06qui lui appartient
00:48:06ce qui s'est passé
00:48:07c'est que l'ancienne municipalité
00:48:09n'avait pas
00:48:10dans le comité d'engagement
00:48:11il n'y avait pas d'argent
00:48:12c'est ce qui s'est passé
00:48:13le 2 février
00:48:14je vous passerai madame
00:48:15d'ailleurs comme ça
00:48:15vous aurez pour votre information
00:48:16vous aurez tous les éléments
00:48:17je vais tous vous les fournir
00:48:19et vous verrez que vous êtes trompé
00:48:20et vous vous êtes trompé
00:48:21mais j'espère que vous me le direz
00:48:22non mais
00:48:23c'est pas grave
00:48:23on ne va pas repartir
00:48:24mais je vous le dirai
00:48:24mais je vous donnerai tous les éléments
00:48:26mais je vous le dis
00:48:27oui mais
00:48:27je le sais
00:48:29c'est à moi que vous le dites
00:48:30entre temps pendant qu'il y a cette guerre
00:48:32si tout le monde parle en même temps
00:48:32entre temps pendant qu'il y a cette guerre
00:48:34je suis sûr monsieur
00:48:35sauf qu'aujourd'hui
00:48:37c'est de l'argent
00:48:39quand le président de la république est venu
00:48:41et je ne suis pas macroniste
00:48:42et je ne soutiens personne
00:48:43comme ça les choses sont claires
00:48:44voilà
00:48:45on est comme ça
00:48:45non mais contrairement à certains
00:48:47voilà
00:48:47je ne soutiens personne là
00:48:48donc je ne suis pas en campagne électorale
00:48:50voilà je le dis
00:48:51par contre
00:48:51avec qui ?
00:48:52non
00:48:53non
00:48:53non mais entre temps
00:48:55pendant qu'il y a cette guerre
00:48:56entre la droite et la gauche
00:48:57attendez ce que je peux vous dire
00:48:57écoutez monsieur
00:48:58la différence c'est qu'aujourd'hui
00:48:59il y a 177 millions d'euros
00:49:01qui sont débloqués
00:49:02depuis le 2 février 2022
00:49:03vous faites quoi en 3 mois
00:49:05avec
00:49:05voilà
00:49:06ça ne se marche pas comme ça
00:49:07il y a un avocat
00:49:08il peut vous dire que lui
00:49:09va défendre des clients
00:49:10parce que tout va se négocier
00:49:11tout le monde négocie
00:49:12parce que c'est des copropriétaires privés
00:49:14Thomas Bonnet
00:49:15c'était intéressant de réentendre
00:49:16quand même en 2022
00:49:17il avait du courage déjà
00:49:19enfin il allait dans la cité
00:49:20il allait affronter à la fois
00:49:21c'est à dire que les habitants
00:49:22lui disent
00:49:22mais qu'est-ce que tu viens faire là
00:49:23vous avez les politiques
00:49:25qui lui disent
00:49:25mais toi reste dans ton coin
00:49:26viens pas nous embêter
00:49:27on a vraiment l'impression
00:49:28on rappelle qu'aujourd'hui
00:49:29quand même une vie sous protection
00:49:30il est protégé
00:49:31il ne peut pas se montrer
00:49:32on ne peut pas dire où il est
00:49:33que ça fait le deuxième membre
00:49:35de sa famille qui est tué
00:49:35quand même
00:49:36et là il avait eu le courage
00:49:37quand même en 2022
00:49:38de venir avec nous
00:49:39de venir dans la cité
00:49:40de venir affronter tout le monde
00:49:42moi je suis très admiratif
00:49:43honnêtement
00:49:43de son engagement
00:49:44depuis longtemps
00:49:45et là particulièrement
00:49:46vu les récents événements
00:49:47j'ai appris qu'il portait
00:49:48un gilet pare-balles
00:49:49lors des obsèques de son frère
00:49:50enfin voilà
00:49:50ça dit tout je pense
00:49:51de son engagement
00:49:52du dévouement
00:49:52qui est le sien
00:49:53les propos qu'il tient
00:49:54dans le monde ce matin
00:49:55c'est admirable
00:49:56parce qu'il ne lâche rien
00:49:57et qu'on ne sait de rien
00:49:58il l'alerte encore
00:49:59sur ce qu'il faut faire
00:50:00à Marseille
00:50:01moi je m'étonne quand même
00:50:02que ce jeune homme
00:50:04ne soit pas
00:50:05mis plus en avant
00:50:06par la gauche
00:50:07par exemple
00:50:07par la gauche à Marseille
00:50:09je regardais à l'instant
00:50:10le compte Twitter
00:50:11de monsieur Delogu
00:50:12qui est candidat à Marseille
00:50:13pas un mot
00:50:14rien
00:50:14rien sur la situation
00:50:15à Marseille en ce moment
00:50:16enfin pardon
00:50:16mais il y a un moment donné
00:50:17où la gauche ne peut pas
00:50:18totalement fermer les yeux
00:50:19sur la situation du narcotrafic
00:50:20surtout qu'on veut prétendre
00:50:21diriger la deuxième ville de France
00:50:23mais nous quand on l'avait reçu
00:50:24à l'époque
00:50:24on nous avait dit
00:50:24pourquoi vous l'invitez lui
00:50:25voilà pourquoi
00:50:26parce qu'il avait envie
00:50:28de faire bouger les choses
00:50:29et il disait les choses
00:50:30il ose dire
00:50:32il ose dire en fait
00:50:33et c'est ça qui déplait
00:50:34finalement
00:50:35Alexandre Nicollet
00:50:35oui
00:50:35j'ai lu sa tribune
00:50:37dans Le Monde
00:50:38c'est bouleversant
00:50:38et surtout il ne plie pas
00:50:40il veut toujours qu'on va
00:50:41il vient de perdre un frère
00:50:42et il est toujours déterminé
00:50:43pour défendre
00:50:44les habitants de ses quartiers
00:50:45justement
00:50:46et qui font face
00:50:46à ce trafic de drogue
00:50:48il a soulevé la question
00:50:49là juste quand on l'a entendu
00:50:50des bailleurs sociaux
00:50:51ça si c'est un vrai sujet
00:50:52enfin un moment
00:50:53comment on peut continuer
00:50:54à accepter
00:50:54que des gens qui deal
00:50:56qui font régner la terreur
00:50:58dans le quartier
00:50:58bénéficient d'un logement social
00:51:00alors qu'il y a des listes d'attente
00:51:01c'est à dire
00:51:01qui ont un avantage
00:51:02avec les impôts
00:51:02du reste de la population
00:51:04et qui restent
00:51:05avec ces logements sociaux
00:51:07si on veut vraiment combattre
00:51:09effectivement
00:51:10il va falloir
00:51:10qu'il y ait une plus grande
00:51:11présence policière
00:51:12d'ailleurs
00:51:12on parlait tout à l'heure
00:51:13de la gauche
00:51:14par exemple
00:51:15oui la gauche
00:51:15à un moment
00:51:16quand la gauche dit
00:51:17la police tue
00:51:18la police n'a pas à être là
00:51:20il faut désarmer
00:51:21la police municipale
00:51:23comme le dit Panop
00:51:23à part que Samia Gali
00:51:25qui est à gauche aussi
00:51:26disait
00:51:26il faut envoyer l'armée
00:51:26tout ça c'est des slogans
00:51:28à un moment
00:51:28si on veut vraiment
00:51:29récupérer ces quartiers
00:51:30franchement
00:51:31il va falloir expulser
00:51:33systématiquement
00:51:34les délinquants
00:51:35de ces bailleurs sociaux
00:51:36pour changer ces quartiers
00:51:37parce que c'est pas
00:51:38parce qu'on vit en cité
00:51:38qu'on doit subir ça
00:51:40il va falloir
00:51:41qu'il y ait des exemples
00:51:42évidemment
00:51:42avec les peines
00:51:43et effectivement
00:51:44également pour les plus jeunes
00:51:47parce qu'il faut qu'il y ait
00:51:47vous parliez tout à l'heure
00:51:48d'éducation
00:51:48mais quand t'as 12 ans
00:51:50et que tu vois
00:51:51des gamins de 14-15 ans
00:51:52qui sont avec plein de billets
00:51:53et tout
00:51:54t'as envie d'aller vers ça
00:51:55et parce que c'est ça
00:51:56c'est un exemple
00:51:57c'est important
00:51:57quand les parents
00:51:58font pas leur boulot
00:51:58il n'y a pas une peur
00:51:59il n'y a pas une peur
00:52:00de la sanction
00:52:02après le volet sanitaire
00:52:04c'est aussi un des volets
00:52:05peut-être à évoquer
00:52:06sur cette prononcement
00:52:06le problème c'est l'entraînement
00:52:07c'est-à-dire que
00:52:08quand vous avez un voisin
00:52:09qui deal
00:52:10qui ramène du pognon
00:52:11et que vous avez à côté
00:52:13un gamin
00:52:13qui se fait entraîner
00:52:14et c'est une boucle sans fin
00:52:16et même ceux
00:52:17qui veulent résister
00:52:18ensuite il y a des pressions
00:52:19sur leurs parents
00:52:20ou sur leurs frères
00:52:20et surtout quand il voit
00:52:21ce même gamin
00:52:22que quand il se fait interpeller
00:52:24et bien il revient
00:52:25il n'est pas emprisonné
00:52:26donc il va se dire
00:52:27où est l'intérêt
00:52:28de continuer
00:52:29à tout le droit chemin
00:52:30quand on parle de guerre
00:52:31ça doit être une guerre
00:52:32parce qu'elle
00:52:33elle parlait d'envoyer l'armée
00:52:34mais on a
00:52:34aujourd'hui les moyens
00:52:35je disais
00:52:36bien sûr
00:52:36mais je parlais de moyens technologiques
00:52:38comment on peut aujourd'hui
00:52:39se dire que dans ces quartiers-là
00:52:41mais pourquoi on n'arrive pas
00:52:42avec des drones
00:52:42avec au calme
00:52:43les policiers
00:52:44oui mais parce qu'il faut
00:52:45une aile
00:52:45alors justement
00:52:47on va parler de ce qui se passe
00:52:49dans ces quartiers
00:52:50on est avec Bruno Partosetti
00:52:52qui est responsable
00:52:53de la zone sud
00:52:53du syndicat police unité
00:52:54bonjour
00:52:54merci d'être en direct
00:52:56avec nous
00:52:56est-ce que la seule solution
00:52:57c'est envoyer plus de police
00:52:58mettre plus de bleu
00:52:59dans ces quartiers
00:53:00mais on ne sait pas
00:53:01à quelle échelle
00:53:01vous serez assez nombreux
00:53:03pour aller occuper
00:53:03ces quartiers en même temps
00:53:04oui bonjour
00:53:07alors vous savez
00:53:08lorsqu'on parle de quartier
00:53:09à Marseille
00:53:09et c'est vrai que je martèle
00:53:11je répète souvent
00:53:12vous prenez le 15e arrondissement
00:53:13de Marseille
00:53:14c'est déjà 48 cités
00:53:16Marseille est une superficie
00:53:18qui est 5 fois plus large
00:53:20que celle de la circonscription
00:53:22de Lyon
00:53:23et 2 fois et demi Paris
00:53:24donc c'est vrai qu'il faudrait
00:53:25beaucoup plus de policiers
00:53:26de terrain
00:53:27beaucoup plus d'enquêteurs
00:53:27c'est indéniable
00:53:28mais après
00:53:29la réponse elle doit être
00:53:30dénié
00:53:31évidemment
00:53:31politique
00:53:33parce que
00:53:34tout ne peut pas reposer
00:53:35sur les épaules
00:53:36des flics
00:53:37même si nous
00:53:38nous manquons de moyens
00:53:38et malgré tout
00:53:39nous avons des résultats probants
00:53:40parce qu'il y a
00:53:41deux sujets importants
00:53:43la sécurité de la population
00:53:44dans ces quartiers
00:53:45et puis le combat
00:53:46contre le trafic de drogue
00:53:48je prends l'exemple
00:53:48de l'OFAST
00:53:49là ils ont
00:53:49voilà ils ont travaillé
00:53:50ils ont fait une saisie
00:53:51de 320 kilos de cocaïne
00:53:53ce qui n'est quand même pas rien
00:53:54mais l'inquiétude
00:53:55que l'on peut avoir
00:53:56à Marseille
00:53:56d'ailleurs
00:53:56dans toute notre société
00:53:58vous prenez en 2024
00:54:00vous avez eu une augmentation
00:54:01de saisie
00:54:02de 130%
00:54:03par rapport à 2023
00:54:04et plus on saisit
00:54:05plus il y a de la circulation
00:54:06de stupéfiants
00:54:07donc le sujet
00:54:08il est très très large
00:54:09on a des résultats probants
00:54:11mais il va falloir
00:54:12une réponse
00:54:12évidemment je dis bien
00:54:14toujours très politique
00:54:15tout est moyen
00:54:16et on a une longueur
00:54:17de retard
00:54:18dans notre société
00:54:19il faut qu'on ait
00:54:19une longueur d'avance
00:54:20sur ces narcotrafiquants
00:54:22vous vous en doutez
00:54:22donc ça va être
00:54:23une histoire de moyens
00:54:24ou on nous donne
00:54:24les moyens de travailler
00:54:25ou alors on laisse faire
00:54:26et on communique
00:54:28de temps en temps
00:54:28en fonction des situations
00:54:29et des drames
00:54:30mais vous avez vu
00:54:31on a entendu Amine Kessassi
00:54:32en 2022
00:54:32qui était dans notre émission
00:54:33qui disait
00:54:34voilà enfin
00:54:34on n'a pas les moyens
00:54:35on n'y arrive pas
00:54:36il était contesté de toutes parts
00:54:37on a eu tout à l'heure
00:54:38une restauratrice à Marseille
00:54:39qui nous disait
00:54:40mais la situation
00:54:40elle est dramatique à Marseille
00:54:42ça se dégrade
00:54:42de jour en jour
00:54:43et on a le sentiment
00:54:44qu'au-delà des beaux discours
00:54:45qu'on peut tenir sur les plateaux
00:54:46qu'on peut tenir dans les médias
00:54:47en fait on n'y arrive pas
00:54:49on n'y arrive pas
00:54:50il faut dire les choses
00:54:50complètement
00:54:52on n'y arrive pas
00:54:53et d'ailleurs
00:54:53merci de nous donner la parole
00:54:55parce que c'est important
00:54:56d'expliquer à la population
00:54:57qu'on n'a pas les moyens
00:54:58réels de travailler
00:54:59et le danger
00:55:01il est où
00:55:02c'est que vendredi dernier
00:55:03on a passé un cap
00:55:04là on a touché
00:55:05une personne innocente
00:55:06proche d'un élu
00:55:07d'un élu
00:55:08donc c'est quand même
00:55:09une inquiétude
00:55:10très importante
00:55:12que l'on a
00:55:12c'est pas le premier mort
00:55:14malheureusement
00:55:14dans ces règlements de compte
00:55:17ou ces victimes collatérales
00:55:18mais c'est un sujet important
00:55:21et c'est pour ça
00:55:22que j'appuie sur la réponse politique
00:55:23on ne peut pas y arriver
00:55:24on ne peut pas y arriver
00:55:25puisqu'on n'a pas ces moyens
00:55:26pour travailler
00:55:27alors je reviens
00:55:28à la circonscription de Marseille
00:55:29il faut que
00:55:30j'ai entendu parler de drones
00:55:32il faut qu'on avance
00:55:33effectivement là-dessus
00:55:33parce qu'on a compris
00:55:35que le câblage
00:55:36pour arriver jusqu'à
00:55:37des vidéos de surveillance
00:55:38c'est un outil important
00:55:40pour travailler
00:55:40pour les enquêteurs
00:55:41et bien
00:55:42on a encore beaucoup de retard
00:55:44à Marseille
00:55:45c'est un sujet
00:55:46très préoccupant
00:55:47par manque de moyens
00:55:48peut-être par idéologie
00:55:49mais c'est un outil
00:55:50qu'il nous faut pour travailler
00:55:51les drones peuvent être
00:55:52aussi une solution
00:55:53mais il va falloir aller plus loin
00:55:55c'est une histoire de moyens
00:55:56et les circonscriptions
00:55:57doivent prendre
00:55:58leur responsabilité
00:55:59de gauche
00:56:00ou de droite
00:56:01la sécurité
00:56:02ne doit pas être
00:56:02un sujet tabou
00:56:03c'est très fatigant
00:56:04et c'est vrai que
00:56:05par des raisons électorales
00:56:07parfois on reste timide
00:56:08sur la sécurité
00:56:09mais
00:56:09ça concerne
00:56:12tout le monde aujourd'hui
00:56:13toutes les idéologies
00:56:14doivent se sentir concernées
00:56:15par la sécurité
00:56:16et malheureusement
00:56:16ce n'est pas encore le cas
00:56:17merci beaucoup Bruno Bartosetti
00:56:19merci d'avoir été avec nous
00:56:20on va faire une pause
00:56:21et puis on va continuer
00:56:21notre édition spéciale sur Marseille
00:56:22vous allez entendre
00:56:23une habitante d'une cité
00:56:24en larmes
00:56:25qui nous dit
00:56:25on n'en peut plus
00:56:26voilà on n'en peut plus
00:56:26vous l'entendrez
00:56:27dans un instant
00:56:28et puis également
00:56:29on reviendra
00:56:30sur tout ce qui s'est passé
00:56:31hier à Marseille
00:56:32c'est-à-dire que
00:56:32pendant l'enterrement
00:56:33à quelques centaines
00:56:34de mètres de là
00:56:35il y a encore quelqu'un
00:56:36qui a été descendu
00:56:37il y a encore quelqu'un
00:56:38qui a été victime
00:56:39d'une fusillade
00:56:40c'est ça aujourd'hui
00:56:41le quotidien
00:56:41et c'est ça ce qui se passe
00:56:4711h35 sur CNews
00:56:55merci d'être en direct
00:56:56avec nous
00:56:56on poursuit cette édition spéciale
00:56:57dans un instant sur Marseille
00:56:58Marseille est-elle en train
00:56:59de tomber
00:57:00c'est la question qu'on pose
00:57:01ce matin
00:57:01qui détient également
00:57:02ces cités
00:57:03qui contrôle Marseille
00:57:04c'est les questions
00:57:05auxquelles on essaye
00:57:06de répondre
00:57:07mais tout de suite
00:57:07le CNews Info
00:57:08avec Marc Ossifer
00:57:08Bruno Retailleau
00:57:13persiste et signe
00:57:14l'ancien ministre
00:57:15de l'Intérieur
00:57:15dénonce ce matin
00:57:16sur CNews
00:57:17les partisans
00:57:18d'une méthode molle
00:57:19face aux autorités algériennes
00:57:20le régime algérien
00:57:22se nourrit
00:57:22d'une haine anti-français
00:57:23a également martelé
00:57:24le président
00:57:25des républicains
00:57:26chez Sonia Mabrouk
00:57:27l'état attaqué en justice
00:57:29pour non-respect
00:57:30des droits humains
00:57:30par six associations
00:57:31d'aide aux migrants
00:57:32dans leur viseur
00:57:33leur condition de vie
00:57:34dans des campements
00:57:35précaires près de Dunkerque
00:57:36elles ordonnent à l'état
00:57:38de prendre des mesures
00:57:38pérennes et immédiates
00:57:40et puis un portrait
00:57:41peint par l'autrichien
00:57:43Gustav Klimt
00:57:44vendu 204 millions d'euros
00:57:46c'est la deuxième oeuvre
00:57:46la plus chère
00:57:47jamais adjugée
00:57:48aux enchères
00:57:49seul le Salvador Mundi
00:57:51de Léonard de Vinci
00:57:52fait mieux
00:57:52avec 380 millions d'euros
00:57:54six acheteurs
00:57:55se sont disputés
00:57:56le portrait
00:57:57d'Elisabeth
00:57:58à l'aider
00:57:58merci beaucoup Margot
00:58:00on vous retrouve tout à l'heure
00:58:01à midi avec Sonia Mabrouk
00:58:03pour un nouveau point
00:58:04sur la cléité
00:58:05on poursuit cette page spéciale
00:58:06donc aujourd'hui
00:58:06consacrée à Marseille
00:58:07Marseille est-elle en train
00:58:08de tomber ?
00:58:09c'est la question qu'on pose
00:58:09et ce qu'on oublie très souvent
00:58:10c'est que dans ces cités
00:58:11les premières victimes
00:58:13ce sont les habitants
00:58:14de ces cités
00:58:15ce sont souvent
00:58:15les mères de famille
00:58:16qui sont là
00:58:17qui tentent d'élever
00:58:18le mieux possible
00:58:19leurs gamins
00:58:19et des gamins
00:58:19qui sont tentés par la drogue
00:58:21qui sont tentés
00:58:21par ce trafic de drogue
00:58:22comme on l'expliquait
00:58:23tout à l'heure
00:58:23c'est vrai que
00:58:24quand ils voient
00:58:24leur petit copain
00:58:25qui a des euros
00:58:27qui tombent
00:58:28tous les mois
00:58:29qui gagnent
00:58:292000-3000 euros
00:58:30des fois juste en faisant
00:58:31le chouf
00:58:32en faisant le guet
00:58:33c'est vrai que c'est compliqué
00:58:34écoutez cette mère de famille
00:58:35justement
00:58:35quand on était allé à Marseille
00:58:37en mai 2022
00:58:37cette mère de famille
00:58:38qui m'avait interpellé
00:58:39en larmes
00:58:40en me disant
00:58:40on en a assez
00:58:42on n'en peut plus
00:58:42on en a assez
00:58:43venez nous aider
00:58:44c'était en 2022
00:58:45et depuis
00:58:46rien n'a changé
00:58:48ça c'est une vraie détresse
00:59:17c'est ça
00:59:23ce qu'on voit jamais
00:59:24maître Dylan Slama
00:59:25c'est qu'en fait
00:59:26finalement
00:59:26il y a aussi
00:59:27ces gens là-bas
00:59:28qui sont désespérés
00:59:29parce qu'il y a la colère
00:59:30on l'a vu
00:59:31c'est en 30 secondes
00:59:32elle passe de la colère
00:59:33aux larmes
00:59:33c'est-à-dire
00:59:34elle est furieuse
00:59:35on n'en peut plus
00:59:36on n'en peut plus
00:59:36et elle craque
00:59:37sa vie est impossible
00:59:39à cette pauvre dame
00:59:40mais vous voyez
00:59:40ces images ont 3 ans et demi
00:59:41elle pourrait être d'hier
00:59:42elle pourrait être d'à 6 ans
00:59:43et malheureusement
00:59:43peut-être qu'elle pourrait être
00:59:44dans 3 ans
00:59:45vous voyez
00:59:45il y a peut-être
00:59:47une certaine schizophrénie
00:59:48parfois
00:59:48à pointer la responsabilité
00:59:50des parents
00:59:50j'entends évidemment
00:59:51les parents
00:59:52qu'est-ce qu'ils font
00:59:52pourquoi ils ne sont pas là
00:59:53etc
00:59:53moi j'irais peut-être
00:59:55plus loin
00:59:55c'est la responsabilité
00:59:56des pères
00:59:57parce que très souvent
00:59:57c'est les mères qu'on voit
00:59:58c'est les mères qu'on voit
00:59:59c'est les mères qui sont seules
01:00:00c'est les mères qui se battent
01:00:01et parfois
01:00:02ces mères qui sont seules
01:00:03elles ont des enfants
01:00:04qui vont malheureusement
01:00:04rejoindre des réseaux
01:00:06effectivement pour faire le guet
01:00:07qui ont 10, 11, 12 ans
01:00:08est-ce qu'il faut s'en prendre
01:00:09un enfant de 10 ans ?
01:00:10je ne suis pas sûr
01:00:11est-ce qu'il faut prendre
01:00:11à des parents
01:00:12lorsque la mère elle est seule
01:00:13et virer la mère
01:00:14parce qu'elle n'a pas
01:00:15les moyens d'autorité
01:00:16de garder son enfant
01:00:17qui a 10 ans
01:00:18et de faire en sorte
01:00:18qu'il reste à la maison
01:00:19je ne suis pas sûr non plus
01:00:20vous voyez pourquoi
01:00:21parfois on cherche
01:00:22des solutions
01:00:23qui sont peut-être
01:00:23un peu simples
01:00:24voire simplistes
01:00:25en s'en prenant
01:00:25soit des enfants de 10 ans
01:00:26soit des mères
01:00:27qui sont seules
01:00:27totalement isolées
01:00:28et désespérées
01:00:29en vérité
01:00:29lorsqu'on est confronté
01:00:30à cette réalité-là
01:00:31on voit que ce n'est pas
01:00:32si simple que ça
01:00:32et que parfois
01:00:33mettre dehors
01:00:34les mamans
01:00:35ou les parents
01:00:35de logements sociaux
01:00:36ça ne résoudrait
01:00:38finalement pas grand-chose
01:00:38parce qu'ils sont
01:00:39eux-mêmes impuissants
01:00:40mais Martin Garagnon
01:00:40c'est vrai que
01:00:41quand on voit cette maman
01:00:42je trouve que tout
01:00:43est résumé
01:00:43tout est résumé
01:00:44c'est le désespoir
01:00:45elle ne sait plus
01:00:46à qui s'adresser
01:00:47finalement
01:00:47c'est-à-dire qu'elle veut
01:00:48de l'ordre
01:00:49elle doit vouloir des policiers
01:00:50elle veut qu'il y ait
01:00:51une bonne éducation
01:00:53pour leurs enfants
01:00:53et puis il y a la drogue
01:00:55et elle a beau crier
01:00:55elle a beau pleurer
01:00:57il n'y a rien qui va
01:00:58mais vous voyez
01:00:58effectivement
01:00:59en quelques secondes
01:01:00vous avez tout
01:01:00dans son témoignage
01:01:01la colère
01:01:02la tristesse
01:01:02la volonté de se battre
01:01:03et finalement
01:01:04ceux qui ont tué
01:01:05le frère d'Amin
01:01:06qui s'assit
01:01:07ce n'est pas Amin
01:01:08qui veut faire taire
01:01:08parce qu'Amin
01:01:09on l'a vu dans sa tribune du monde
01:01:10il ne se taira pas
01:01:10il l'a dit
01:01:11et ils le savent
01:01:12ceux qui veulent faire
01:01:13mais faire taire
01:01:13c'est ces habitants-là
01:01:14c'est tous ceux
01:01:15qui pourraient lever la tête
01:01:16c'est tous ceux
01:01:16qui en ont marre
01:01:17c'est tous ceux
01:01:17qui pourraient se dire
01:01:18moi demain
01:01:19je serai aussi Amin
01:01:20c'est eux qui veulent faire taire
01:01:21Amin ils ne le feront pas taire
01:01:22mais Amin c'est simple
01:01:23on va se le dire
01:01:24si on ne fait rien
01:01:24il prendra une balle un jour
01:01:25c'est sûr
01:01:26il prendra une balle
01:01:28comme son frère
01:01:29moi ce que j'entends beaucoup
01:01:31c'est les formes
01:01:32de récupération politique
01:01:33la ville elle a été gérée
01:01:34par la droite
01:01:34elle va être gérée maintenant
01:01:35par la gauche
01:01:35le département par la droite
01:01:36le président de la république
01:01:37il est du centre
01:01:38on peut se renvoyer la balle
01:01:40les uns les autres
01:01:40dire c'est pas moi
01:01:41c'est les autres
01:01:42ils le font tous
01:01:43honnêtement
01:01:44c'est pas digne
01:01:45c'est pas à la hauteur
01:01:45des témoignages que l'on entend
01:01:47je suis persuadé
01:01:48que sur un sujet pareil
01:01:49il y a un consensus
01:01:50qui est possible
01:01:51mais un consensus
01:01:51extrêmement large
01:01:52et c'est ce que réclame Mercier
01:01:54c'est ce que disait
01:01:55la restauratrice tout à l'heure
01:01:56elle dit mais unissez-vous
01:01:57unissez-vous
01:01:58sur un sujet pareil
01:01:59il ne peut pas y avoir
01:02:00de petite politique aérie
01:02:02de dire ah bah non
01:02:02c'est pas moi
01:02:03c'est les autres
01:02:03je veux dire
01:02:03je n'ai pas cité l'ERN
01:02:05parce que vous n'êtes pas au pouvoir
01:02:06mais vous gérez des villes
01:02:07dans lesquelles il y a aussi
01:02:08ces problématiques-là
01:02:09donc je pense que c'est vraiment
01:02:10un sujet
01:02:11c'est intéressant ce que vous dites
01:02:12Bartin Gagnon
01:02:13ça veut dire vous
01:02:13vous dites
01:02:14même avec l'ERN
01:02:15nous on est prêt à s'associer
01:02:16et on est prêt à travailler ensemble
01:02:17de Delogu
01:02:18à Alexandard
01:02:19normalement c'est un sujet
01:02:20sur lequel
01:02:20Delogu je ne suis pas sûr
01:02:21que vous ayez la même approche
01:02:23que lui
01:02:23sur les problèmes dans les quartiers
01:02:24je pense que vous êtes plus proche
01:02:25quand même du RN
01:02:26que de Delogu
01:02:26enfin j'espère en tout cas
01:02:27on verra bien ceux qui tapent
01:02:28sur un deal pareil
01:02:29on verra bien ceux qui sont d'accord
01:02:31pour se mettre en feu
01:02:32on le sait
01:02:32excusez-moi
01:02:33on peut jouer les naïfs
01:02:34on le sait
01:02:35quand ils veulent désarmer
01:02:36la brigade
01:02:37la magie
01:02:38supprimer la magie
01:02:38désarmée
01:02:39la police
01:02:39comme disait l'autre
01:02:40la réponse elle est vite reprendue
01:02:41Alexandard pose la question
01:02:45les logements sociaux
01:02:47sont attribués
01:02:47y compris à ceux
01:02:48qui justement gèrent
01:02:49les trafics dans ces cités
01:02:50en fait simplement
01:02:51en posant la question
01:02:52vous donnez déjà
01:02:53une réponse
01:02:54une esquisse de réponse
01:02:55donc vous êtes prêt
01:02:56à ce qu'on les enlève
01:02:56à ce genre là
01:02:57on sait très très bien
01:02:57qu'on achète une paix sociale
01:02:59dans ces quartiers là
01:02:59quand vous avez des candidats
01:03:01et la restauratrice
01:03:02une fois plus
01:03:02c'est pas moi qui le dit
01:03:03dit que les circos
01:03:04du nord de Marseille
01:03:05sont gérés par la gauche
01:03:05depuis des temps immémoriaux
01:03:07ce que ça veut dire
01:03:08c'est que
01:03:08quand vous êtes en campagne
01:03:09que vous êtes un candidat
01:03:10d'extrême gauche
01:03:11vous achetez la paix sociale
01:03:12vous avez les caïds
01:03:13qui assurent la sécurité
01:03:13de vos meetings
01:03:14dans ces cités là
01:03:16et puis en échange
01:03:16je vais embaucher ton cousin
01:03:18je vais avoir
01:03:19un logement social
01:03:20j'ai des exemples aussi
01:03:22je peux vous le dire
01:03:22c'est malheureusement
01:03:23beaucoup de politiques
01:03:24de maires dans certains quartiers
01:03:26qui font exactement
01:03:27la même chose
01:03:27qu'ils achètent la paix sociale
01:03:29et on sait que ça fait 20 ans
01:03:30voire 30 ans
01:03:31qu'on achète la paix sociale
01:03:32c'est pour ça que
01:03:32j'ai commencé en disant
01:03:34il ne faut pas qu'on politise
01:03:35le truc parce que
01:03:35je suis persuadé que
01:03:36sur un sujet pareil
01:03:37il y a un consensus
01:03:38d'hommes et de femmes
01:03:39de bonne volonté
01:03:40dans la guerre au narcotrafic
01:03:41une guerre c'est long
01:03:42et une guerre c'est pas
01:03:43des coups de com
01:03:44mais commençons là
01:03:44commençons là déjà
01:03:45on verra combien de temps
01:03:46ça dure mais il faudrait
01:03:47la commencer
01:03:47on a des ministres
01:03:48on a des responsables
01:03:50des préfets
01:03:50qui veulent faire
01:03:51des gros coups de com
01:03:52d'une grosse opération
01:03:53ça dure 24 heures
01:03:54et le lendemain
01:03:54ils sont repartis
01:03:55une guerre c'est long
01:03:56une guerre c'est encercler
01:03:57une cité
01:03:57et c'est pendant une semaine
01:03:58on n'a pas les moyens
01:03:59on n'a pas les moyens
01:04:00vous avez un policier
01:04:01à côté de vous
01:04:02demandez à Axel Ronde
01:04:03il vous le dit
01:04:03on n'a pas les moyens
01:04:04en tous les cas
01:04:10c'est pas un homme politique
01:04:11c'est une personne
01:04:12qui est technicien
01:04:14qui connait très bien
01:04:16le terrain
01:04:16donc laissons le faire
01:04:18mettre les moyens
01:04:20mais encore une fois
01:04:20il faut qu'il n'ait que
01:04:21ministre de l'Intérieur
01:04:22on va retourner à Marseille
01:04:23on va retourner
01:04:24en direct à Marseille
01:04:25on va retrouver
01:04:26Mohamed Benmedour
01:04:26qui est médiateur
01:04:27dans le quartier nord de Marseille
01:04:28bonjour Mohamed
01:04:29merci d'être en direct
01:04:29avec nous
01:04:30quand on est venu en 2022
01:04:32à Marseille
01:04:33avec Morandini Live
01:04:34quand on a fait cette émission
01:04:34dans la cité
01:04:35vous étiez avec nous
01:04:36à ce moment là
01:04:37c'est des endroits
01:04:37que vous connaissez très bien
01:04:38c'est des cités
01:04:38que vous connaissez bien
01:04:39question simple
01:04:40depuis 2022
01:04:41depuis notre venue
01:04:42qu'est-ce qui a changé ?
01:04:45Bonjour Jean-Marc
01:04:48premièrement
01:04:48c'est très important
01:04:49pour moi
01:04:50de vous exprimer
01:04:51mon soutien
01:04:52à Amine Kestassi
01:04:52parce que hier
01:04:53j'ai assisté aux obsèques
01:04:54et je n'ai jamais vu ça
01:04:57je n'ai jamais vu ça
01:04:58j'ai assisté
01:04:59à pas mal d'enterrements
01:05:00de jeunes
01:05:00qui sont morts
01:05:01dans le cadre
01:05:02du narcotrafic
01:05:02mais là
01:05:03voir le RAID
01:05:05le service de protection
01:05:06qui nous encadrait
01:05:08autour de la mosquée
01:05:09et ensuite
01:05:09sur le cimetière
01:05:11je n'ai jamais vu ça
01:05:12je me suis cru dans un polar
01:05:13d'Olivier Marchal
01:05:14donc ça c'est très important
01:05:15de le souligner
01:05:17et je voudrais adresser
01:05:18juste deux messages
01:05:19de la part du père
01:05:20et de la maman
01:05:21le papa
01:05:22il vous demande juste
01:05:23une union sacrée
01:05:24au niveau des politiques
01:05:25c'est-à-dire
01:05:26il en a marre
01:05:27des clivages
01:05:28droite-groche
01:05:28il vous demande
01:05:30il vous a dit
01:05:30unissez-vous
01:05:32mon fils est mort pour hier
01:05:33on en a marre
01:05:34stop
01:05:35arrêtez
01:05:35et la maman
01:05:36la maman me dit
01:05:37mon fils
01:05:38moi je n'ai que
01:05:39comme garant
01:05:40je n'ai que Dieu
01:05:41c'est tout
01:05:42après on passe
01:05:43sur votre sujet
01:05:44ce qui a changé
01:05:46depuis
01:05:46sur le parc alice
01:05:47vous avez pris
01:05:48les images du parc alice
01:05:49pas grand chose
01:05:50il n'y a pas eu
01:05:51apparemment il y a eu
01:05:52des fonds qui ont été débloqués
01:05:53il y a eu des projets
01:05:54qui ont été signés
01:05:55ça met du temps
01:05:56je sais que ça met du temps
01:05:57mais pour l'instant
01:05:58aucune rénovation
01:06:00que Chantier concrètement
01:06:02n'a démarré
01:06:03sur le parc alice
01:06:05moi mais pas très concret
01:06:06il y a encore du trafic
01:06:07nous quand on était venu
01:06:08on était rentré
01:06:09dans les immeubles
01:06:10on nous l'avait déconseillé
01:06:10d'ailleurs
01:06:11on était allé quand même
01:06:12on était rentré dans les immeubles
01:06:13on avait vu les tarifs
01:06:14qui étaient affichés en gros
01:06:15tout ça ça existe encore
01:06:16c'est pareil ?
01:06:18non là où vous êtes allé
01:06:19il n'y a plus de trafic
01:06:20je vous le confirme
01:06:21après bon
01:06:22vous en avez toujours
01:06:23après ça se délocalise
01:06:25ça se délocalise
01:06:26mais à l'endroit
01:06:27où vous êtes venu
01:06:28Jean-Marc
01:06:28non il n'y a plus
01:06:29il n'y aura plus de stupéfiants
01:06:30à l'heure actuelle
01:06:32donc on peut dire
01:06:32qu'il y a quand même
01:06:33une avancée
01:06:33malgré tout
01:06:34ça avance un peu
01:06:35ça avance à tout petit pas
01:06:38ça avance à tout petit pas
01:06:40mais pas assez
01:06:42pour nous
01:06:43les habitants des quartiers nord
01:06:44on a vu tout à l'heure
01:06:46une restauratrice
01:06:47qui était avec nous
01:06:47une restauratrice marseillaise
01:06:48qui disait
01:06:49qu'elle était très inquiète
01:06:50pour l'avenir
01:06:50qu'elle voyait les choses
01:06:51se dégrader de jour en jour
01:06:52vous avez le même
01:06:53discours pessimiste ?
01:06:55moi quand je suis au contact
01:06:58de ces jeunes là
01:06:59bien sûr
01:07:00j'ai un discours pessimiste
01:07:01parce que j'ai peur
01:07:02de l'état
01:07:04de notre jeunesse
01:07:05j'alerte
01:07:06j'alerte
01:07:06sur vos plateaux
01:07:07je le dis constamment
01:07:08les jeunes
01:07:09ben moi
01:07:10j'ai
01:07:10malheureusement
01:07:12j'ai côtoyé des jeunes
01:07:12qui étaient prêts
01:07:13à lever la vie
01:07:14pour 8-10 000 euros
01:07:15sans penser
01:07:16aux conséquences
01:07:17déjà du respect
01:07:18de la vie humaine
01:07:19et aux conséquences judiciaires
01:07:22et j'en ai connu
01:07:23malheureusement
01:07:24avec qui
01:07:25je suis parfois aussi
01:07:26encore des fois en contact
01:07:27qui partent
01:07:29pour des années
01:07:30des années
01:07:30des années
01:07:31de prison
01:07:31et qui n'ont pas
01:07:32qui ont pris
01:07:33à peine conscience
01:07:34de ce qu'ils ont fait
01:07:36et ça
01:07:37de mon époque
01:07:37c'était pas possible
01:07:38la vie humaine
01:07:39était sacrée
01:07:40elle était très très sacrée
01:07:41la vie humaine
01:07:42on ne touchait pas
01:07:43la vie humaine
01:07:43vous voyez
01:07:44maintenant
01:07:45un jeune de 14-15 ans
01:07:47est capable
01:07:48de vous flinguer
01:07:49pour une maudite
01:07:50somme d'argent
01:07:51mais surtout
01:07:52j'ai l'impression
01:07:52qu'il y a peur
01:07:52de pas grand chose
01:07:53restez avec nous
01:07:54parce qu'on va regarder
01:07:55ce qui s'est passé hier
01:07:55à Marseille
01:07:56pendant l'enterrement
01:07:56vous nous parliez
01:07:57des mesures de sécurité
01:07:58de l'enterrement
01:07:59à quelques centaines
01:08:00de mètres de là
01:08:00il y a eu une fusillade
01:08:01et il y a eu un mort
01:08:02on regarde et on en parle après
01:08:04hier dans le 13ème arrondissement
01:08:09de Marseille
01:08:10quand un homme
01:08:11âgé de 48 ans
01:08:12se fait tirer dessus
01:08:13à plusieurs reprises
01:08:15en pleine rue
01:08:15la raison
01:08:16un simple différent
01:08:18avec un autre homme
01:08:19dans un garage
01:08:19l'auteur des coups de feu
01:08:21a été interpellé
01:08:22quelques heures
01:08:23après avoir réussi
01:08:24à prendre la fuite
01:08:25la victime
01:08:26elle a été prise en charge
01:08:27rapidement par les secours
01:08:29mais elle est décédée
01:08:30à son arrivée
01:08:30à l'hôpital
01:08:31un meurtre
01:08:32perpétré
01:08:33à seulement quelques mètres
01:08:34d'une école
01:08:35franchement ça m'a triste
01:08:36et d'un côté ça me fait peur
01:08:37parce qu'on a nos enfants
01:08:38qui se trouvent juste
01:08:39il y a des écoles à côté
01:08:40et on a peur
01:08:42franchement on a peur
01:08:42moi j'ai la boule au ventre
01:08:43là j'attends juste
01:08:44que ma fille sorte
01:08:45pour que je puisse la récupérer
01:08:46pour que je puisse entrer
01:08:47et pourtant j'habite à côté
01:08:47malheureusement c'est de pire en pire
01:08:49et on a peur pour nos enfants
01:08:51pour la future génération
01:08:52on a peur
01:08:52pour les riverains présents
01:08:53c'est la stupeur
01:08:54ça me fait pas peur
01:08:55ça me dégoûte
01:08:55on a l'habitude maintenant
01:08:57si on me fait rien
01:08:58ben voilà
01:08:59n'importe quel gouvernement
01:09:01il n'y a personne
01:09:01qui met fin à tout ça
01:09:02donc j'ai envie de vous dire
01:09:03des fois c'est voulu quoi
01:09:04c'est un peu énervant
01:09:05pour tout le monde
01:09:06nous qu'on passe
01:09:07qu'on ne fait rien
01:09:07on marche comme ça
01:09:08on se fait tirer dessus
01:09:09une balle perdue
01:09:10avec tout ce qu'on entend
01:09:12en France maintenant
01:09:12c'est quand même catastrophique
01:09:14qu'on en arrive encore là
01:09:15à Marseille
01:09:16c'est le troisième meurtre
01:09:17à avoir été commis
01:09:18en plein jour
01:09:19depuis début octobre
01:09:20Alexandre Nicolique
01:09:23on entend également
01:09:24une dame là
01:09:24qui dit
01:09:25tous les gouvernements
01:09:26c'est pareil
01:09:26quel que soit le gouvernement
01:09:27pourquoi vous vous feriez mieux ?
01:09:29je vais vous dire
01:09:29pourquoi on ferait mieux
01:09:30parce qu'il faut une réponse
01:09:32je le dis depuis tout à l'heure
01:09:33mais une vraie réponse
01:09:34de A jusqu'à Z
01:09:35on a donné
01:09:36depuis qu'Emmanuel Macron
01:09:37est au pouvoir
01:09:38près de 4 milliards d'euros
01:09:39au Maroc
01:09:39ce n'est pas possible
01:09:40qu'avec un pays
01:09:41qui exporte 80%
01:09:42aujourd'hui du cannabis
01:09:44on n'arrive pas
01:09:45à mettre plus la pression
01:09:46et conditionner
01:09:46notre aide au développement
01:09:47sur la lutte
01:09:49contre la production
01:09:50de cannabis là-bas
01:09:51il va falloir
01:09:51qu'au niveau européen
01:09:52Frontex
01:09:53cesse d'être
01:09:54une agence de voyage
01:09:55pour accueillir des migrants
01:09:56et se préoccupe
01:09:57c'est une des missions
01:09:59de Frontex
01:09:59du trafic
01:10:00des trafics en tout genre
01:10:01et du trafic de drogue
01:10:02et il va falloir
01:10:04ensuite
01:10:04qu'on ait
01:10:05une réponse pénale adaptée
01:10:07avec des sanctions
01:10:08très claires
01:10:08dès le début
01:10:09que ça serve
01:10:10ça d'exemple
01:10:11que l'exemple
01:10:11pour les plus jeunes
01:10:12ce soit le travail
01:10:13ce soit la réussite professionnelle
01:10:15et pas le trafic de drogue
01:10:16il va falloir
01:10:16qu'on expulse
01:10:18je le disais
01:10:19les délinquants
01:10:21de ces quartiers
01:10:23pour changer
01:10:24ces quartiers
01:10:25de A jusqu'à Z
01:10:26il va falloir
01:10:27qu'on ait
01:10:28une vraie réponse politique
01:10:30pas juste des mots
01:10:31et pas juste
01:10:32des slogans
01:10:33parce que
01:10:33je vais juste vous dire
01:10:34c'était intéressant
01:10:34sur les vignes
01:10:34moi je l'ai vécu
01:10:35j'étais pompier
01:10:36et il y a un quartier
01:10:38j'y vais
01:10:38on arrive pour intervenir
01:10:40pour une vieille dame
01:10:40en haut
01:10:41il y avait des dealers
01:10:42en bas du quartier
01:10:43et qui nous demandent
01:10:44pourquoi on vient
01:10:45qui nous demandent
01:10:47si les policiers
01:10:47vont venir
01:10:48c'est eux
01:10:49qui tenaient le quartier
01:10:49et la dame
01:10:50ensuite
01:10:50elle nous dit
01:10:51mais tous les jours
01:10:52c'est comme ça
01:10:53si la gauche
01:10:54était vraiment de gauche
01:10:55et se préoccupait
01:10:56des classes populaires
01:10:56et pas juste
01:10:57de la défense
01:10:57des délinquants
01:10:58en voulant désarmer
01:10:59la police
01:10:59et en accusant
01:11:00la police
01:11:00qui sont les seuls
01:11:02aujourd'hui
01:11:02à pouvoir rassurer
01:11:03ces familles
01:11:04et ramener
01:11:04de l'ordre
01:11:05et bien
01:11:06ils soutiendraient
01:11:07justement
01:11:07les forces de l'ordre
01:11:08cette gauche
01:11:08ils seraient au plus près
01:11:09de ceux qui sont
01:11:10les principales victimes
01:11:11c'est-à-dire
01:11:11ceux qui vivent
01:11:12cette délinquance
01:11:13Je voudrais
01:11:13la réponse
01:11:14de Mohamed Benmedour
01:11:15sur la proposition
01:11:15que vous avez faite
01:11:16Mohamed Benmedour
01:11:17quand on dit par exemple
01:11:18expulser les délinquants
01:11:19de ces quartiers-là
01:11:20les expulser
01:11:21des logements sociaux
01:11:22ça fait partie
01:11:22des solutions
01:11:23pour vous ?
01:11:25Concrètement
01:11:26c'est difficile
01:11:27déjà
01:11:27à opérer
01:11:30et deuxièmement
01:11:31je ne pense pas
01:11:31que c'est cette solution-là
01:11:33qui va améliorer
01:11:34les choses
01:11:35la solution
01:11:36elle est dans l'éducation
01:11:37la prévention
01:11:37c'est-à-dire que
01:11:39vous allez l'expulser
01:11:41allez admettons
01:11:41on expulse le dealer
01:11:42mais derrière
01:11:43il y en a un autre
01:11:43qui va venir s'installer
01:11:44puis un autre
01:11:45puis un autre
01:11:46et bis repetita
01:11:47donc
01:11:47ce qu'il faut
01:11:48c'est mieux éduquer
01:11:50nos jeunes
01:11:50renforcer la prévention
01:11:52mais dès le plus jeune âge
01:11:53je le dis toujours
01:11:54il faut déjà
01:11:55dès la primaire
01:11:56dès le collège
01:11:57faire intervenir
01:11:58des policiers
01:11:59faire intervenir
01:11:59des éducateurs
01:12:00des anciens voyous
01:12:01des anciens prisonniers
01:12:03qui expliquent
01:12:04des familles de victimes
01:12:05qui expliquent
01:12:05leur quotidien
01:12:06et les risques
01:12:07dans lesquels
01:12:07on peut basculer
01:12:08le problème
01:12:10il est là
01:12:10il est là
01:12:10il est sur l'éducation
01:12:12de nos enfants
01:12:12merci beaucoup
01:12:14Mohamed
01:12:14merci d'avoir été avec nous
01:12:15merci à tous
01:12:16pour cette édition spéciale
01:12:17consacrée à Marseille
01:12:18Marseille est-elle en train de tomber
01:12:19on espère que non
01:12:20en tout cas
01:12:20Sonia Mabrouk dans un instant
01:12:21on se retrouve demain en direct
01:12:22à partir des 18h35
01:12:23à demain
01:12:23et d'ici la semaine
01:12:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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